La Brède renoue avec sa corrida en 2026 après une parenthèse historique
Après une année 2025 marquée par une seule corrida en Gironde, celle de Captieux, le rendez-vous taurin de La Brède fera son retour en 2026. Cette reprise intervient dans un contexte où le modèle économique reste fragile, dépendant des aléas financiers et des évolutions culturelles, dans un département où les places taurines se font rares.
Un retour annoncé dans un climat d'incertitude
Les annonces ont résonné dans les arènes vides de Captieux. Mardi 14 avril, en début de soirée, le micro a accroché l'écho sous la charpente métallique de ce que l'on appelle ici « les seules arènes de Gironde ». Jean-Luc Gleyze, président du Département et élu de la commune, a posé d'emblée le décor : « Il faut le rappeler, ça devient de plus en plus compliqué d'obtenir des aides de la part de nos partenaires privés. Chaque année, c'est une remise en jeu pour la novillada. Et ce n'est pas propre à Captieux. »
En arc de cercle, une poignée d'aficionados s'était installée pour découvrir le programme de Rugby y Toros, qui maintient ici, aux portes de la forêt des Landes de Gascogne, l'une des deux dernières corridas du département. « L'an dernier, avec l'annulation de La Brède, c'était la seule de Gironde », souffle-t-on dans l'assistance.
La fragilité économique d'une tradition
À La Brède, l'organisation du rendez-vous taurin repose sur un modèle en régie directe de la municipalité, avec l'aide de la Peña taurine des Graves. Cette configuration diffère de celle de Captieux – associative, basée sur des partenariats privés et les recettes de la buvette – et expose davantage la collectivité aux aléas financiers, pour une représentation estimée à 120 000 euros.
Michel Dufranc, maire de La Brède, explique : « Le contexte général... Le contexte... Depuis l'après-Covid, la manifestation brédoise enregistre une baisse d'affluence. Elle a été liée surtout à la météo, à des problèmes avec notre système de billetterie aussi... Et d'une manière générale à un aspect plus culturel. On avait donc à revoir le modèle. »
Si le budget reposait surtout sur la vente de tables pour des repas sous chapiteau, la municipalité a choisi de réorienter son financement cette année en se tournant davantage vers le mécénat.
L'enjeu crucial du maintien culturel
Autorisée au nom de la « tradition locale ininterrompue » dans certains départements du sud-est et du sud-ouest de la France, la corrida suppose un maintien réel de la pratique. Michel Dufranc est catégorique : « Le jour où ça ne toréera plus en Gironde, on n'y reviendra plus. Il faut un maintien culturel pour que cela perdure. La Cour de cassation et le Conseil constitutionnel sont clairs là-dessus. Ça s'exprime par le spectacle, mais pas uniquement. C'est tout le mouvement autour qui compte. Mais sans corrida, difficile de conserver cette culture. »
Depuis 1997, la corrida de La Brède a lieu au moment de la Fête de la Rosière. Un retour qui met fin à une année 2025 sans précédent, où une seule ville avait toréé en Gironde.
Une spécificité girondine
Légèrement à rebours des grandes places du Sud-Ouest, pas d'arènes XXL en Gironde comme à Mont-de-Marsan, Dax ou Bayonne. Ni d'ailleurs de programmation adossée aux grandes férias de l'Atlantique ou de la Madeleine. À La Brède, les installations sont démontables, montées le temps des fêtes de la Rosière.
Michel Dufranc souligne : « Les Landais et les Basques restent chez eux, ils ont ce qu'il faut. Notre intérêt, c'est de faire vivre quelque chose en Gironde. » 85 % des spectateurs viennent d'ailleurs du département, principalement du canton et de la métropole bordelaise.
Un cartel de choix pour célébrer le retour
Pour célébrer le retour de la corrida, la commission taurine a réuni un cartel « de choix » pour 2026. Les toros de la prestigieuse ganadería Pedres de Salamanque fouleront le ruedo des arènes de La Brède. Face à eux, « trois matadors aux talents complémentaires » avec Juan Leal, aux côtés de Daniel Crespo et de Christian Parejo.
La corrida se tiendra le samedi 20 juin 2026 à 18 heures, dans le cadre des fêtes de la Rosière. La vente en ligne des billets ouvrira au début du mois de mai 2026, marquant le retour d'une tradition qui avait failli disparaître.



