Le Printemps des cimetières permet de mettre en lumière les richesses architecturales et les symboles funéraires qui retracent l’évolution historique de la commune. À Jonzac, pour cet événement, la guitariste classique Béatrice Morisco a accompagné un parcours musical le lundi 11 mai. La veille, Christophe Gadras menait une visite guidée passionnante. « Je suis tombé dedans, comme Obélix. Ça me passionne », confie-t-il.
Une carte pour explorer seul
L’office de tourisme a édité une carte utile pour ceux qui souhaitent visiter l’ancien cimetière en autonomie. Dimanche, une cinquantaine de personnes ont partagé la passion du guide d’un jour pour ce lieu chargé d’histoire. Le rendez-vous était donné sur le parvis de l’église.
Une histoire révélée par les sépultures
« On connaît l’histoire de Jonzac à travers ses cimetières. Sur le site néandertalien de chez Pinaud, il n’y a que des sépultures d’animaux. À la villa gallo-romaine, derrière les Antilles, les Romains brûlaient beaucoup les corps, seuls les très importants avaient une stèle, on y trouve une stèle de Jovinius. Devant l’église, un cimetière mérovingien a été découvert lorsque le parvis a été refait en 2008. Les sépultures sont orientées est-ouest, les pieds au soleil couchant », poursuit le guide bénévole. Des bijoux très travaillés et des armes ont été mis au jour.
Le transfert de 1845
Sur le chemin du cimetière n°1, un arrêt au presbytère pour observer une croix, puis un autre pour remarquer les riches sculptures au-dessus des fenêtres d’une maison. « Il y avait beaucoup de morts au début du XIXe siècle, à cause des épidémies, les gens mouraient en trois jours. Le cimetière était autour de l’église. Face au risque sanitaire, le Conseil municipal a décidé de le déménager. Le terrain a été acheté en 1843, le transfert s’est fait en 1845 », explique Christophe Gadras.
Un patrimoine funéraire riche
Au fil d’une déambulation dans les allées du cimetière, on découvre le riche patrimoine funéraire, noyé dans la valériane rose. « Les monuments les plus élevés sont à l’est, les plus petits à l’ouest. Si tu n’avais rien, il n’y avait que la terre. Plus riche, une stèle par-dessus ; encore plus riche, quelque chose qui s’élève ; pour les très riches, on dresse une chapelle. Il n’y avait pas de photographies, on se fait tirer le portrait par un sculpteur et un architecte dessine le bâtiment », ajoute le guide.
Symboles et découvertes
On découvre, dans un inventaire à la Prévert, les parcelles entourées pour délimiter son bien ou symboliser la limite entre le monde des vivants et le monde des morts, les chaînes symbole de lien dans la famille, les fleurs de pavot symbolisant le sommeil, les roses l’amour, les sépultures typiques des protestants, plus sobres que celles des catholiques, les sabliers, les palmes, les couronnes d’immortelles, les urnes drapées, les gargouilles, les tombes des francs-maçons avec le compas et l’équerre, les pensées dont les cinq pétales sont l’image de la tête et des quatre membres, les cippes, les épitaphes, les couronnes de mariées derrière une vitre, les mains unies, symbolique typique du XIXe, les colonnes brisées pour les jeunes, la tombe d’Émile Gaboriau, le père du polar, celle de Lucien Brard… Puis l’évolution industrielle donne les fontes émaillées, les fleurs en terre cuite.



