Hendaye : le port libre de Caneta menacé par de nouvelles normes institutionnelles
Port libre de Caneta à Hendaye menacé par des normes

Le port historique de Caneta à Hendaye face aux défis institutionnels

Une présentation publique du vieux port hendayais sera assurée par l'association des riverains de Caneta ce vendredi 13 mars, aux Halles de Gaztelu. Lové au pied de l'esplanade qui surplombe la baie de Txingudi, le « vieux port » d'Hendaye, appelé port de Caneta, s'affiche fièrement comme l'un des derniers ports libres de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Un patrimoine maritime unique en Nouvelle-Aquitaine

Aux équipements portuaires se joignent les annexes alanguies sur le quai et, devant lui, les bateaux accouplés à leurs bouées. C'est, avec celui de La Floride, situé en vis-à-vis et à l'opposé de la baie, un témoignage vivant d'une tradition maritime préservée. Il en sera question plus en détail ce vendredi 13 mars, à 18 h 30, aux halles de Gaztelu, où les riverains de Caneta raconteront comment leur petit port traverse les âges.

Ce système portuaire fonctionne en lien étroit avec la convention internationale qui régit le vivre ensemble dans l'estuaire de la Bidassoa. Cette convention historique définit un territoire spécifique, fixe des droits d'usage traditionnels et réglemente l'utilisation des ressources naturelles réservées aux cinq municipalités riveraines. L'usage veut aussi que les habitants ne payent pas de redevance pour y mouiller leurs bateaux, une particularité qui distingue ce port de la plupart des installations portuaires contemporaines.

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Un système éco-culturel menacé

Ce système éco-culturel unique est aujourd'hui sérieusement menacé par plusieurs facteurs institutionnels :

  • L'introduction potentielle de redevances portuaires
  • La fin annoncée des transmissions patrimoniales des bateaux
  • L'application du projet politique de la biodiversité

Tout un train de mesures institutionnelles s'invite d'autorité dans l'estuaire, soulevant des questions cruciales sur l'avenir de la culture maritime locale et des patrimoines juridiques, naturels et culturels des riverains de la Bidassoa. Les bateaux rattachés au port de Caneta, qui mouillent librement dans la baie d'Hendaye depuis des générations, pourraient voir leurs conditions d'existence radicalement transformées.

Une soirée d'échanges et de réflexion

Édith Anselme Dominique Cunchinabe, nouveau président de l'association des Riverains de Caneta, qui succède à Jean-Claude Alza, ouvrira la soirée de vendredi par une réflexion illustrée de cartes, photos, documents et témoignages sur « Caneta : un port libre à l'épreuve des normes ». Cette présentation marque probablement la première fois que le sujet est abordé de manière aussi approfondie et publique.

Mathilde Lamothe, ethnologue détentrice de la chaire Patrimoine et chercheuse à l'UPPA, communiquera sur les processus de patrimonialisation et ce qu'ils traduisent dans le contexte spécifique du port de Caneta. Anatole Danto, éco-anthropologue, chercheur associé à l'Inalco Paris et chargé de cours à l'université de Brest (UBO), apportera son expertise sur les « dynamiques des sociétés de pêcheurs face aux changements politiques, socio-économiques et environnementaux ».

Cette rencontre représente un moment crucial pour la défense d'un patrimoine maritime vivant, à un moment où les traditions locales doivent composer avec des exigences réglementaires croissantes. La préservation du port libre de Caneta engage non seulement l'histoire maritime d'Hendaye, mais aussi un modèle de relation entre les communautés côtières et leur environnement naturel.

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