Un voyage dans le temps au cœur de Périgueux
La cité des Pétrocores propose désormais une immersion fascinante dans son passé gallo-romain grâce à un parcours pédestre unique, baptisé « Civitas Petrocorium ». Cette randonnée urbaine offre un retour saisissant au Ier siècle avant Jésus-Christ, permettant aux visiteurs de se familiariser avec les origines antiques de la ville sous la protection symbolique de la déesse Vesunna.
Les Pétrocores et leur héritage monumental
Un siècle avant notre ère, les Pétrocores ont abandonné leur oppidum des hauteurs pour s'établir près de la rivière, adoptant le mode de vie romain. Ils ont délimité leur nouvelle cité avec une impressionnante muraille de pierre, haute de 6 à 8 mètres, construite entre la fin du IIIe et le début du IVe siècle sur un périmètre d'environ 1 kilomètre. Périgueux fait partie des rares villes françaises à avoir conservé des traces aussi visibles de ses fondations urbaines.
Bien qu'une partie des vestiges se trouvent aujourd'hui dans des propriétés privées, le domaine public recèle de nombreux témoignages archéologiques le long des anciens remparts. Ce parcours, d'une distance équivalente à celle de l'enceinte antique, peut également être suivi lors de visites guidées thématiques pour une expérience encore plus enrichissante.
Des arènes au musée Vesunna : quinze siècles d'histoire
La boucle historique évoque pas moins de quinze siècles d'histoire et met en lumière des monuments dont les fondations plongent dans la pierre gallo-romaine. Au jardin des Arènes, plusieurs arcades de l'amphithéâtre subsistent, dont l'un des deux grands vomitoires par lesquels sortaient gladiateurs et fauves.
Face au lycée Jay-de-Beaufort, au pied de la porte Normande – nommée ainsi au IXe siècle après les invasions vikings – la muraille originelle reste très visible à la base du château Barrière et de la Maison romane, qui s'y sont appuyés par la suite.
Dans le jardin de Vésone, les Gaulois ont érigé un temple dédié à leur déesse tutélaire Vesunna, associée au culte des eaux. Seule la « cella », le cœur sacré constitué d'une tour autrefois recouverte de marbre, est parvenue jusqu'à nous. À quelques pas, le musée conçu par Jean Nouvel protège un site archéologique exceptionnel : les vestiges de la riche villa « des Bouquets », s'étendant sur environ 4 000 mètres carrés.
Le long de la rue Romaine et au-delà
En poursuivant vers les arènes, la rue Romaine dévoile çà et là des portions de muraille, des colonnes et des sculptures, avec notamment une étonnante maison dont le garage a été construit avec des pilastres antiques.
Depuis 2003, de nombreux autres vestiges gallo-romains ont été mis au jour dans le département, principalement lors de fouilles préventives. La plupart ont été relevés puis recouverts pour leur préservation, comme la belle villa du haut Empire découverte à Lussas-et-Nontronneau.
Trésors archéologiques du Périgord
À Carsac-Aillac, en Périgord noir, un aqueduc et ses exutoires – destinés à renvoyer les excédents d'eau vers la Dordogne – restent visibles pour les observateurs attentifs, témoignant d'une période parfois moins connue que la préhistoire ou le Moyen Âge dans cette région.
À la frontière avec la Gironde, le site archéologique de Montcaret révèle les vestiges d'un vaste et prospère domaine établi dès le Ier siècle de notre ère. L'épicentre comprend une demeure aristocratique de 8 000 mètres carrés au minimum, implantée au milieu des vignes. Les contours et élévations encore présents témoignent d'un confort remarquable pour l'époque : chauffage par le sol, eau courante, thermes privés avec piscine, cour intérieure à péristyle et pavements en mosaïque exceptionnellement bien conservés.
Ce parcours gallo-romain à Périgueux offre ainsi une occasion unique de marcher dans les pas des anciens habitants de la région, découvrant au fil des ruines, jardins et monuments une histoire riche et souvent méconnue qui continue de façonner l'identité de la cité périgourdine.



