Érigée en 1888 sur le domaine Beauval, cette structure continue de puiser l’eau grâce à un mécanisme ingénieux qui a résisté aux tempêtes les plus violentes. Visite « Regardez, elle tourne ». C’était une petite variante de la citation de Galilée qui s’est fait entendre dimanche 17 mai, dans le parc de Beauval à Bassens. Des visites guidées gratuites de l’éolienne Bollée étaient organisées pendant les Journées européennes des moulins par l’Association bassenaise pour la protection de l’environnement et la promotion du patrimoine (ABPEPP) et l’association Histoire et patrimoine.
Avec ses 23 mètres de haut, on ne peut pas la rater. L’éolienne Bollée a été érigée en 1888 sur le domaine Beauval, aujourd’hui propriété communale. Active seulement lors des visites patrimoniales, elle sert à extraire l’eau d’un puits qui alimente des bassins de lutte contre les incendies et un lavoir ancien.
Un héritage familial ingénieux
L’éolienne est l’œuvre d’Auguste Bollée, qui avait hérité de l’activité d’ingénierie hydraulique de son père. Ce dernier avait déposé un premier brevet en 1868, concernant une « machine éolienne », qu’il commercialise. Son fils améliore son fonctionnement et dépose un nouveau brevet en 1885. L’éolienne devient un nom commun. « Auguste Bollée va remplacer la girouette qui permettait d’orienter l’éolienne en fonction du vent par un papillon d’orientation », déroule Éric Lacondemine, membre de l’ABPEPP. Ce papillon est une hélice placée perpendiculairement à la turbine.
Un système de régulation performant
Éric Lacondemine présente le système qui permet de puiser l’eau dans le puits grâce à la force dégagée par l’éolienne Bollée de Bassens. « Elle gère en permanence l’orientation de la turbine. » Lorsque le vent dépasse 45 km/heure, le système se met en arrêt. « C’est ce qui a permis à l’éolienne de tenir lors de la tempête de 1999, souligne Éric Lacondemine. Alors que la forêt du parc a perdu les trois quarts de ses arbres. » La tempête avait aussi irrémédiablement endommagé une éolienne Bollée dans un château du Médoc, faisant de celle de Bassens un des seuls spécimens en activité du département.
350 éoliennes Bollée ont été construites en France, environ 80 sont encore debout dont plusieurs en Gironde.
Une restauration minutieuse
L’éolienne de Bassens a été restaurée au milieu des années 1990 et réparée en 2016. Dans le cœur de l’ouvrage, sous l’éolienne, un système de roues crantées et un vilebrequin transforment le mouvement vertical en mouvement horizontal. Des tiges de 15 mètres plongent dans le puits, où se trouvent trois pompes à pistons. Le système nécessite d’être graissé régulièrement. Une tâche qui était assurée par un cantonnier, jusqu’à l’installation de graisseurs goutte à goutte pendant la restauration des années 1990.
L’éolienne Bollée a été érigée en 1888 sur le domaine de Beauval, à Bassens, en Gironde. Elle est l’œuvre d’Auguste Bollée, fils d’Ernest Sylvain Bollée, qui a inventé la « machine éolienne ».
Des visites pour les passionnés
Il faut un peu donner de soi pour prendre soin de l’éolienne : son « allumage » nécessite de monter à son sommet pour placer le papillon d’orientation dans le bon axe. « Il faut un peu se faufiler », confirme un membre de l’ABPEPP. Mais descendre dans le puits n’est pas non plus aisé. « Pour l’oxygène, les pompiers nous ont dit que c’était l’équivalent de monter à 3 000 mètres d’altitude », souligne Éric Lacondemine. Pour les groupes, l’ABPEPP organise des visites payantes de l’éolienne Bollée.



