La douane remet des objets ethniques saisies au musée de Bordeaux
Objets ethniques saisis remis au musée de Bordeaux

Des trésors ethnographiques sauvés de la destruction et confiés à un musée universitaire

Ce lundi, la douane de Nouvelle-Aquitaine a procédé à une remise symbolique de neuf objets ethniques d'une valeur inestimable au musée ethnographique de l'université de Bordeaux. Ces pièces, majoritairement asiatiques et datant du XIXe siècle, avaient été saisies en avril 2025 par les services douaniers de Limoges lors du contrôle préparatoire d'une vente aux enchères. Elles viennent désormais enrichir les collections de ce musée universitaire historique, situé place de la Victoire à Bordeaux.

Une saisie préventive lors d'une vente aux enchères

Les agents du bureau des douanes de Limoges sont intervenus dans les locaux d'un commissaire-priseur avant la tenue de la vente. Leur mission : contrôler des objets susceptibles de contenir des espèces protégées relevant de la convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

« Ce commissaire-priseur préparait la vente d'environ 350 pièces, dont certaines contenaient de l'ivoire, des crânes de singe ou des griffes d'animaux », explique Hervé Geffroy, adjoint au directeur interrégional de la douane de Nouvelle-Aquitaine. Parmi les objets saisis figuraient des pièces remarquables comme une pipe à opium, une imposante coiffe de chef de guerriers Naga, ainsi que des paniers de chasseurs de têtes Dayak et Naga, utilisés historiquement pour transporter les têtes des victimes.

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Une provenance singulière et une issue judiciaire clémente

Le commissaire-priseur, qui ne détenait aucune autorisation justifiant la vente de ces objets réglementés, s'est vu confisquer les pièces litigieuses. « Il agissait pour le compte d'un ancien cartographe espagnol, propriétaire d'un château dans l'Indre en région Centre-Val-de-Loire, qui souhaitait se séparer des objets accumulés au cours de sa carrière », précise Hervé Geffroy.

Aucune poursuite pénale n'a été engagée contre le propriétaire espagnol ni contre le commissaire-priseur. Ce dernier a toutefois dû s'acquitter d'une amende forfaitaire de quelques centaines d'euros pour infraction aux réglementations sur le commerce des espèces protégées.

Le musée préféré à la destruction : une initiative salutaire

Habituellement, les objets illicites saisis dans ce type d'affaire sont destinés à la destruction. Cependant, Frédéric Decout, contrôleur principal des douanes à Limoges, a eu la présence d'esprit de suggérer que ces pièces pourraient présenter un intérêt scientifique et patrimonial pour un musée ethnographique.

Sur proposition des douanes, le musée d'ethnographie de l'université de Bordeaux (MEB) a manifesté son intérêt pour ces objets. Fondé en 1894, le MEB est l'un des rares musées universitaires de France, spécialisé dans la conservation et l'étude des cultures matérielles du monde entier.

Un contexte de lutte renforcée contre les trafics d'espèces protégées

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de renforcement des contrôles douaniers sur les trafics d'espèces protégées. En 2025, la douane française a réalisé 576 constatations en matière de trafics d'espèces protégées, avec notamment la saisie de 951 objets en ivoire.

La remise de ces neuf objets ethniques au musée de Bordeaux illustre une approche constructive de la lutte contre ces trafics, privilégiant la préservation du patrimoine culturel et scientifique plutôt que la simple destruction des pièces saisies.

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