La controverse autour des vitraux de Viollet-le-Duc à Notre-Dame de Paris se poursuit. Mardi, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande, formulée par deux associations de défense du patrimoine, de suspendre leur remplacement. À la place, six vitraux contemporains créés par l’artiste Claire Tabouret vont être installés. Ce projet a été décidé dans le cadre de la restauration de la cathédrale, après l’incendie d’avril 2019.
Des vitraux non endommagés par l’incendie
Les vitraux de Viollet-le-Duc, en place depuis 1864, n’avaient pas été endommagés dans l’incendie. Une pétition lancée par des défenseurs du patrimoine avait recueilli environ 340 000 signatures. La décision du tribunal administratif de Paris a relancé la controverse.
Réactions sur les réseaux sociaux
Certains internautes ont critiqué le président Emmanuel Macron. L’un d’eux a écrit : « Une lubie à 4 000 000 € de Macron qui voulait mettre sa "petite" touche personnelle ! Mais bon, la justice est indépendante paraît-il ! » Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a commenté : « Un scandale de plus ! La justice administrative autorise Emmanuel Macron à détruire notre patrimoine ! »
Des affirmations trompeuses
Ces publications contiennent des affirmations plus ou moins trompeuses, car des éléments de contexte manquent. Le remplacement des vitraux a été initié par l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich. Il avait formulé ce « vœu » auprès du président dans une lettre révélée en partie par RTL.
L’Élysée a précisé que « le chef de l’État s’est montré favorable » à cette demande. « Ce projet est porté conjointement par le Diocèse de Paris et la Présidence de la République », ajoute le palais.
Avis consultatif de la CNPA
La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), réduite à un rôle consultatif, a rendu plusieurs avis défavorables à ce projet. Dans son avis du 12 juin 2025, disponible sur le site de l’association Sites & Monuments, la Commission « rappelle son avis » initial contre le projet, mais « prend acte de la volonté de poursuivre le projet de remplacement de six vitraux conçus par Viollet-le-Duc ».
Pas de « destruction » autorisée par la justice
Affirmer que « la justice administrative » aurait autorisé « Emmanuel Macron à détruire notre patrimoine » est trompeur. Le tribunal administratif de Paris ne s’est pas prononcé sur ce sujet. Selon un communiqué du tribunal, le juge des référés s’est prononcé sur la suspension de « la décision du préfet de la région Île-de-France autorisant la dépose et la restauration de six vitraux ornementaux du bas-côté sud de la nef réalisés en 1864 et leur remplacement par six nouveaux vitraux contemporains ».
Préservation des vitraux anciens
Selon un communiqué de presse de la Ville de Paris, mis à jour le 11 mai dernier, les vitraux d’Eugène Viollet-le-Duc « seront pleinement préservés et présentés dans un musée afin qu’ils continuent d’être admirés par le public ». Ces mesures avaient été réclamées par la CNPA dans son avis du 12 juin 2025.
Coût du projet
Le coût total du projet de remplacement est légèrement supérieur aux 4 millions d’euros avancés. Dans une réponse publiée au Journal officiel du 27 janvier dernier, le ministère de la Culture a précisé que le « budget prévisionnel » du projet « s’élève à près de 7 millions d’euros ».



