Musée Soulages à Rodez : un moteur d'attractivité pour les municipales 2026
Musée Soulages : moteur d'attractivité pour Rodez

Le musée Soulages, pierre angulaire de la transformation de Rodez

Dans le cadre de sa série "Midi Libre sur la route" consacrée aux élections municipales de 2026, le journal s'est arrêté en Aveyron pour évaluer l'impact du musée Pierre Soulages sur la ville de Rodez. Inauguré en 2014 par l'ancien président François Hollande, cet établissement culturel a profondément modifié le visage de la cité ruthénoise.

Une métamorphose urbaine et économique

Christian Teyssèdre, maire de Rodez depuis 2008 et candidat à sa réélection, observe que le musée a permis à la ville d'effectuer une transition remarquable. "Il a transformé Rodez. Il a permis son passage d'une ville de province un peu endormie, à une ville moderne, dynamique et innovante", confie l'édile. Initialement lancé par son prédécesseur Marc Censi, le projet a dû surmonter des oppositions locales avant de s'imposer comme un véritable levier de développement.

L'impact économique est tangible : 156 entreprises se sont installées dans les zones d'activité depuis 2014, avec 2 800 emplois créés et un taux de chômage réduit à 4,4% sur le bassin ruthénois. Pour le maire, le musée constitue désormais "un moteur de l'attractivité économique du territoire et de son développement".

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Un succès populaire au-delà des espérances

Benoît Decron, directeur et conservateur en chef du musée de 2009 à 2025, révèle des chiffres impressionnants : 1,6 million de visiteurs depuis l'ouverture, dépassant largement les estimations initiales de 60 000 à 70 000 entrées annuelles. "Peu y croyaient", reconnaît-il, soulignant l'importance des donations de Pierre et Colette Soulages sans lesquelles le projet n'aurait pu aboutir.

La programmation éclectique, incluant des expositions temporaires consacrées à Picasso, Calder, Léger, Klein, Fontana et même le Chat de Gelück, a contribué à cette attractivité. Decron a conçu le lieu comme "un forum, une agora", en dialogue constant avec les acteurs locaux.

Une notoriété renforcée mais des défis internationaux

Marion Palayret, directrice de l'Office de tourisme de Rodez, confirme le bond en notoriété : "Désormais, on associe Rodez à Soulages". En 2025, l'office a accueilli 70 000 visiteurs, tandis que les locations Airbnb et la fréquentation hôtelière ont explosé. Les visiteurs proviennent principalement d'Occitanie, d'Île-de-France, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Pourtant, une faiblesse persiste : seulement 7% des visiteurs sont étrangers. Christian Teyssèdre admet : "Il faut mieux vendre notre petit bijou à l'international. Ça, on ne sait pas encore bien le faire". Maud Marron-Wojewodzki, nouvelle directrice du musée, travaille à amplifier cette présence internationale en promouvant l'œuvre de Soulages à l'étranger et en accueillant des artistes déjà renommés.

Un enjeu pour les municipales 2026

Alors que Rodez se hisse pour la deuxième année consécutive à la cinquième place des villes où il fait bon vivre en France, le musée Soulages reste un argument de poids dans la campagne électorale. Trois autres listes sont en lice, menées par Stéphane Mazars, Sarah Vidal et Florian Monteillet, qui devront toutes composer avec cet héritage culturel devenu économique.

Benoît Decron résume cette transformation : "Le musée a mis Rodez sur la carte du monde. Soulages, c'est le saint protecteur de cette ville". Un saint protecteur dont l'influence dépasse désormais largement le seul champ culturel pour irriguer l'ensemble du développement territorial.

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