Ce 30 août, une foule dense a participé à la commémoration de la libération de Montpellier, 82 ans après la fin de deux ans d'occupation. Dès 10 heures, la promenade royale du Peyrou a pris des airs de camp avancé militaire sous le regard statufié de Louis XIV, avec un rassemblement de véhicules d'époque : Jeep Willys MB, Dodge, Ford, mais aussi Peugeot 302, Citroën Traction 7 et 11. D'anciens combattants, des reconstituteurs des maquisards ayant pris part à la délivrance de la ville, ainsi que des pin-ups et personnels féminins en tenue d'époque (infirmières notamment) ont complété ce tableau mémoriel.
Un défilé chargé d'histoire
Le cortège, composé de véhicules ayant connu le théâtre d'opérations et choyés par leurs propriétaires, a descendu la rue Foch, puis la place des Martyrs-de-la-Résistance, avant de gagner la place de La Comédie, théâtre d'une fusillade à l'époque, puis l'allée Jean-de-Lattres-de-Tassigny sur l'esplanade de-Gaulle. Les autorités civiles et militaires, suivies par plusieurs centaines de badauds, ont rejoint l'esplanade après un dépôt de gerbes au Monument aux morts.
La ville conserve des lieux de mémoire, comme l'ancienne caserne Lauwe (aujourd'hui le lycée Françoise Combes), qui abritait les geôles et salles d'interrogatoires de la milice, ou encore la villa des Rosiers, funeste siège de la Geheime Feldpolizei, à la lisière du quartier des Beaux-Arts. Une stèle rend hommage aux hommes du maquis Bir Hakeim qui libérèrent la préfecture héraultaise le 29 août.
Transmettre un héritage précieux
Au pied du kiosque Bosc, le maire a pris la parole depuis un pupitre enveloppé des drapeaux des pays alliés. « Quatre-vingt-deux ans après, il faut réinventer notre manière de commémorer pour faire en sorte que cet héritage si précieux […] soit transmis et partagé », a-t-il lancé. À quelques pas, sur un chevalet, une reproduction de grande taille d'une photo du général de Lattres saluant les troupes sur cette même esplanade, un certain 2 septembre, quatre jours après la libération de la cité.
Après le temps des officiels, un banquet musical et républicain et une initiation au swing ont pris la suite, glissant des derniers fracas des armes et de la mitraille à une insouciance tout juste retrouvée. Cette commémoration, marquée par une ferveur populaire et républicaine croissante ces dernières années, a rassemblé un public nombreux, témoignant de l'attachement des Montpelliérains à leur histoire.



