Sur les traces d'une mémoire familiale en Vaunage
Devant l'ancienne gare de Langlade, Sylvie et Marc Gingold avancent pas à pas sur les traces de leurs parents, internés en Vaunage au début de la Seconde Guerre mondiale. L'émotion est palpable dans l'air de cette plaine gardoise, où l'histoire personnelle rencontre la grande Histoire.
Une conférence devant 200 lycéens
Après une conférence donnée devant plus de 200 élèves du lycée Emmanuel d'Alzon à Nîmes, Sylvie et Marc Gingold sont venus en Vaunage le lendemain. Ils ont marché sur les pas de leurs parents, internés ici pendant les sombres années de la guerre. Les lycéens ont découvert le destin bouleversant de cette famille juive d'origine polonaise, réfugiée d'abord en Allemagne puis en France.
Antifascistes de la première heure, les Gingold pensaient trouver dans le "pays des droits de l'homme" un havre de paix. Mais la guerre les rattrape en 1939. Considérés comme étrangers, plusieurs des fils, dont Peter et David, sont internés au camp de Langlade.
La recherche des traces dans le village
C'est donc dans le village même que le récit a pris chair. Sylvie et Marc Gingold ont parcouru les ruelles de la commune, à la recherche de traces, d'indices, d'un décor familier que leurs parents auraient pu connaître. Pendant près d'un an en Vaunage, les frères Gingold, juifs, intellectuels et opposants au régime nazi, découvrent une vie rurale contrainte, marquée par l'internement et l'incertitude.
Mais leur histoire ne s'arrête pas là : parvenant à s'échapper, ils rejoignent la Résistance française. Antifascistes de la première heure, ils s'engagent pleinement dans la lutte contre le nazisme, transformant l'épreuve en combat pour la liberté.
Le souvenir des enfants déportés
Une pensée émue a également été adressée à deux des six enfants Gingold, déportés au camp d'extermination d'Auschwitz, d'où ils ne sont jamais revenus. Leur destin tragique rappelle la violence implacable de la persécution antisémite et l'ampleur des vies brisées par la Shoah.
La venue de Sylvie et Marc Gingold rappelle que la mémoire locale fait partie intégrante de l'identité de la plaine vaunageole. Derrière le nom d'un camp d'internement, il y a des visages, des familles, des engagements. Et grâce à la présence attentive des lycéens, cette mémoire ne reste pas figée dans le passé : elle continue de vivre, transmise d'une génération à l'autre.
Cette démarche mémorielle souligne l'importance de préserver les traces du passé, même dans les lieux les plus ordinaires. Les rues de Langlade, l'ancienne gare, les bâtiments qui ont abrité les internés : tous ces éléments constituent un patrimoine historique vivant qui parle encore aujourd'hui.
La transmission aux jeunes générations apparaît comme essentielle dans ce travail de mémoire. Les 200 lycéens présents à la conférence ont pu entendre directement le témoignage des descendants, créant un lien tangible entre le passé et le présent.



