Depuis plusieurs mois, un important chantier de rénovation est en cours à la mairie de Sospel. Des travaux d’envergure qui concernent aussi bien les espaces intérieurs que l’accessibilité, les performances énergétiques et la valorisation patrimoniale du bâtiment communal. Lundi dernier, lors d’une visite du chantier, le maire Christophe Brunengo ainsi que les architectes Arnaud Reaux et Siobann Furminieux, du cabinet Nommos à Nice, ont détaillé les avancées de cette restructuration.
Une mairie modernisée et accessible
Pour le maire, cette rénovation était devenue indispensable. « Les travaux ont commencé au printemps dernier, après toute la phase liée aux marchés publics et aux procédures administratives. C’était un chantier devenu nécessaire car les intérieurs étaient très dégradés : les sols en vinyle se décollaient et les peintures étaient abîmées », explique Christophe Brunengo. L’objectif de la commune est aussi de rendre la mairie totalement accessible. « Un ascenseur central a été installé. Avant, dès l’entrée, il y avait plusieurs marches puis l’escalier principal. Nous avons donc dû repenser entièrement l’organisation intérieure de l’immeuble. »
Le nouveau bâtiment regroupera l’ensemble des services municipaux au cœur du village. « L’accueil du public sera installé au rez-de-chaussée, tandis que les bureaux du directeur général des services, du maire et des adjoints prendront place au premier étage. » La salle des mariages et celle du conseil municipal resteront au dernier niveau. « Aujourd’hui, les activités municipales sont dispersées et moins accessibles. Avec cette rénovation, tous les services, y compris la police municipale, reviendront dans le centre historique de Sospel », souligne l’élu.
Un chantier déjà réalisé à 60 %
Le coût global du projet dépasse les deux millions d’euros. « Le Département et la Région soutiennent le projet. Nous attendons encore la réponse définitive de l’État. Les aides publiques devraient atteindre environ 1,8 million d’euros, laissant à la commune un reste à charge d’environ 400.000 euros », précise Christophe Brunengo.
Sur le plan technique, le chantier est aujourd’hui achevé à environ 60 %. « La première phase a consisté à effectuer le curage complet du bâtiment, c’est-à-dire retirer tous les éléments devenus inutilisables », détaille l’architecte Arnaud Reaux. « Ensuite, l’ancien escalier, qui ne respectait plus les normes d’accessibilité, a été démoli afin de créer une nouvelle structure en béton armé intégrant un ascenseur. » Une extension a également été réalisée pour accueillir une chaufferie biomasse. « Toutes les interventions structurelles principales sont désormais terminées : les fondations, les élévations, la nouvelle cage d’escalier ainsi que le pylône extérieur qui servira aussi de sortie de secours », poursuit-il.
Patrimoine et performances énergétiques
Les travaux concernent désormais les aménagements intérieurs. « Les doublages et contre-cloisons ont été réalisés. Les divisions intérieures sont encore en cours de finalisation. La prochaine étape sera la fermeture complète du bâtiment avec la pose des fenêtres dans les prochaines semaines. Ensuite viendront les chapes puis toutes les finitions : sols, plomberie, revêtements et aménagements intérieurs. »
Le projet mise également sur la performance énergétique. « Nous avons entièrement refait la toiture et la charpente en réutilisant environ 80 % des tuiles d’origine. La future mairie sera équipée d’une chaufferie à bois et d’un système de ventilation naturelle basé sur des pompes à chaleur, afin de limiter le recours à une climatisation traditionnelle très énergivore », explique Arnaud Reaux.
Des fresques du XIXe siècle exhumées
Le chantier a aussi réservé une découverte inattendue dans la salle des mariages. « Nous avons mis au jour des fresques datant probablement de la période comprise entre 1800 et 1850 », raconte l’architecte. « Elles étaient cachées sous un faux plafond et personne ne soupçonnait vraiment leur présence. Avec la commune, nous avons décidé d’en conserver environ un tiers. Certaines parties étaient trop dégradées et nous devons également intégrer les équipements techniques comme la ventilation ou l’éclairage. Le travail de restauration a été confié à l’artiste Gilles Lautussier afin de préserver au maximum la patine historique d’origine. »
Concernant la fin du chantier, la municipalité espère une livraison prochainement, afin de rendre aux Sospellois leur maison commune entièrement rénovée et modernisée. « Si tout se déroule sans retard, la livraison est prévue pour la fin de l’année 2026 », conclut, satisfait, le maire Christophe Brunengo.



