Le voyage secret du prince Charles en Dordogne : une escapade archéologique sous le feu des paparazzi
Les liens entre la famille royale britannique et la France, notamment le Sud-Ouest, sont bien connus. Cependant, peu savent que le roi Charles III, dans sa jeunesse, a effectué un séjour discret en Dordogne, en mars 1968, pour approfondir ses études en archéologie et anthropologie. À l'âge de 19 ans, le futur monarque a choisi les Eyzies, capitale mondiale de la préhistoire, pour parfaire ses connaissances, comme le relate Sud Ouest dans ses archives.
Une arrivée sous haute surveillance
Le lundi 25 mars 1968, le prince Charles atterrit à l'aérodrome de Bordeaux-Mérignac sous une pluie fine, à bord d'un appareil de l'escadrille de la reine, piloté par son père, le duc d'Édimbourg. Accueilli par un préfet, un général et diverses personnalités, il rejoint rapidement les Eyzies en limousine noire, où il doit résider deux jours à l'hôtel des Glycines. L'objectif de ce voyage : allier vacances, gastronomie et découverte de la préhistoire, dans l'espoir de rester incognito.
Malgré les précautions prises par Buckingham, le secret est éventé. Une indiscrétion attire une vingtaine de journalistes parisiens, armés de matériel photo sophistiqué, qui envahissent les hôtels locaux. L'attaché diplomatique du prince tente de calmer la meute en autorisant une seule photo officielle, mais la chasse aux clichés volés commence déjà.
Un étudiant pas comme les autres
Vêtu d'une tenue décontractée pour l'époque – veste beige, pantalon gris et cravate –, Charles visite le musée de la préhistoire dès son arrivée. Accompagné de professeurs renommés comme François Bordes et Glyn Daniel, il se concentre sur son apprentissage, bien que sa présence attire une foule de curieux et de photographes. Le soir, un menu périgourdin lui est servi, incluant pâté de foie, omelette aux truffes et confit d'oie, loin des plats végétariens de son futur couronnement.
Une folle course-poursuite dans le Périgord
Le lendemain, le programme est chargé : visite de grottes préhistoriques comme Font-Gaume et Rouffignac, arrêts à des sites archéologiques et admiration du panorama à Domme. Cependant, chaque étape est perturbée par une course-poursuite effrénée avec les paparazzi. Les gendarmes tentent de semer les journalistes, conduisant à des vitesses élevées sur les petites routes sinueuses du Périgord, transformant la visite en véritable cross-country médiatique.
Malgré cela, Charles conserve son calme. Timide et pensif, il ne fait qu'une déclaration à la presse, en français impeccable : « J'espère que vous avez fait un bon repas », mêlant humour et élégance britannique.
Un héritage durable
Après son séjour en Dordogne, le prince repart vers la Bretagne et les dolmens de Carnac, avec un arrêt à l'abbaye de Fontevraud pour voir les gisants des Plantagenêt. Rétrospectivement, cette escapade prend une dimension particulière, rappelant les risques encourus par les membres de la famille royale face aux médias. Aujourd'hui, la chambre n°8 de l'hôtel des Glycines, où il a dormi, reste très prisée par ses compatriotes, témoignant de l'attachement persistant à cette histoire.



