Le Bus Palladium renaît à Pigalle : de l'icône rock au temple hôtelier 5 étoiles
Le Bus Palladium renaît à Pigalle en hôtel 5 étoiles

Le Bus Palladium : une renaissance spectaculaire à Pigalle après six décennies de légende

En décembre 1965, le journal L’Aurore titrait avec enthousiasme sur ce « Bus » qui venait bouleverser les habitudes du Tout-Paris. Quelques semaines plus tôt, en plein boom yéyé, un nouveau-né chahuteur faisait son entrée dans la sphère des repaires nocturnes de la capitale. Sous l’impulsion des deux jeunes entrepreneurs James Arch et James Thibaut, le Bus Palladium ouvrait ses portes au cœur de Pigalle, sur le site d’un ancien dancing de la rue Pierre-Fontaine, et devenait rapidement le sujet de toutes les conversations.

Un temple du jerk et un carrefour des générations

Dès son inauguration, l’établissement détrôna le bon vieux Golf-Drouot pour s’imposer comme le temple incontournable du jerk et le rendez-vous privilégié des beatniks. Le lieu se distinguait par sa capacité à mêler les générations et à abolir les frontières sociales, réunissant sur son dancefloor une foule éclectique de noctambules. On y croisait des ouvriers de chez Renault, des bourgeois venus s’encanailler, des dandys au look improbable, des figures emblématiques du rock’n’roll, des chanteurs décalés, des créateurs irrévérencieux, des mannequins et des gens de lettres.

Le Bus Palladium attira rapidement les plus grandes célébrités. Salvador Dali y promenait son félin en laisse, Serge Gainsbourg s’en inspira pour composer Qui est in qui est out, les Beatles s’y produisirent en concert et Mick Jagger y fêta son anniversaire. Plus tard, Gloria Gaynor, la grande prêtresse du disco, ainsi que les groupes Téléphone et Rita Mitsouko arpentèrent à leur tour la scène mythique du Bus, consolidant sa réputation de must des nuits parisiennes.

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Une survie menacée et une fermeture en 2022

Après six décennies de nuits folles et d’histoire musicale riche, le Bus Palladium vit sa survie plusieurs fois menacée, notamment par l’arrivée du Palace à la fin des années 1970. Finalement, en 2022, l’établissement légendaire tira le rideau pour laisser place aux pelleteuses, avec l’objectif ambitieux de se transformer en un hôtel-club atypique. Les bases de ce projet audacieux furent jetées, selon la petite histoire, autour d’une partie de backgammon entre Christian Casmèze, propriétaire historique des murs, et Nicolas Saltiel, fondateur de la collection d’établissements hôteliers « signature » Chapitre Six.

Une renaissance architecturale et conceptuelle pour mars 2026

Aujourd’hui, après quatre années de travaux intensifs, l’ouverture du nouveau Bus Palladium est officiellement annoncée pour le mois de mars 2026. L’architecture a été entièrement revisitée par le studio KO, qui privilégie « une nouvelle forme de brutalisme glamour », où « le béton dialogue avec le velours ». Cette transformation radicale vise à préserver l’âme du lieu tout en lui insufflant une modernité luxueuse.

L’ex-icône de Pigalle renaîtra désormais sous la forme d’un concept innovant associant une table créative, un bar à la mixologie inventive, un rooftop intimiste, un espace d’expositions dynamique, ainsi que des chambres et suites 5 étoiles. Parmi celles-ci, la Magic Rock sera spécialement réservée aux artistes qui se produiront sur la scène du Palladium, reconstituée au sous-sol dans l’esprit d’antan pour perpétuer la tradition musicale du lieu.

Un lieu vivant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, « où l’on peut dormir, dîner, écouter, danser, travailler, improviser, séjourner, créer... en toute liberté », telle est la promesse ambitieuse formulée par le tandem Casmèze-Saltiel. Cette renaissance marque un nouveau chapitre dans l’histoire du Bus Palladium, alliant héritage culturel et innovation hôtelière pour continuer à écrire sa légende au cœur de Paris.

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