L'Alfred-Merlin, navire du Drassm, dévoile ses technologies à Sète
Le dernier navire de la flottille du Drassm, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, a jeté l'ancre à Sète dans le cadre de l'événement Escale à Sète. Nommé en hommage à Alfred Merlin, premier archéologue à utiliser des scaphandriers en 1912, ce bijou moderne de 46 mètres de long et 10,8 mètres de large est construit en composites avec des membrures en carbone, une innovation pour un navire de travail.
Un concentré de technologies pour l'exploration sous-marine
Équipé d'une hélice remplacée sur site par deux hydrojets et deux propulseurs d'étrave, l'Alfred-Merlin peut maintenir une position précise via un système de positionnement dynamique, évitant ainsi l'ancrage qui endommage les fonds marins. Malgré des rafales de tramontane atteignant 34 nœuds, le navire de 420 tonnes reste stable, comme le souligne son capitaine, Thibault Testud, qui le commande depuis sa sortie du chantier iXBlue de La Ciotat en 2021.
Conçu pour la plongée, l'utilisation de robots sous-marins (ROV) et les relevés topographiques, le navire sert à ausculter les fonds de la Méditerranée jusqu'aux eaux territoriales françaises les plus lointaines. Marine Jaouen, archéologue du Drassm pour la façade d'Occitanie, explique que les sites archéologiques sous-marins de la région couvrent une large période chronologique, allant de la forêt du Mésolithique près de Carnon aux épaves de la Seconde Guerre mondiale.
Des robots héraultais au service de l'archéologie
À bord, trois ROV sont déployés : Hilarion pour l'imagerie, Basile pour des tâches polyvalentes, et Arthur, capable de plonger jusqu'à 2 500 mètres de profondeur. Arthur, conçu par le Lirmm de l'Université de Montpellier, peut saisir des objets avec sa griffe pour les traiter dans une pièce dédiée du navire. Ces outils permettent des campagnes de survey avec des sonars et magnétomètres, offrant une image haute définition des fonds marins.
Le navire accueille également des plongeurs jusqu'à 50 mètres de profondeur et sert de base confortable et sûre, avec une propulsion similaire à un jet-ski. Il préserve la biodiversité en évitant l'ancrage et offre un havre en hiver après des missions en eaux froides.
Missions futures et visites publiques
Après des essais robotiques à Marseille, l'Alfred-Merlin se rendra à Port-la-Nouvelle pour une fouille préventive liée à un futur parc éolien, puis à Fos-sur-Mer pour des câbles sous-marins. En juin, il embarquera des étudiants en archéologie sous-marine, et en août, l'équipe de Marine Jaouen explorera la Camargue, une zone riche en épaves comme à la pointe de Beauduc.
Actuellement amarré au quai du Maroc, le navire est visitable sur inscription au stand de l'Ifremer jusqu'à son départ samedi, tandis que l'événement Escale à Sète se poursuit jusqu'à lundi. Cette escale met en lumière le rôle crucial du Drassm dans la protection et l'étude du patrimoine sous-marin méditerranéen.



