François Mazet, du circuit à la citronneraie : une vie à toute vitesse
François Mazet, surnommé le trompe-la-mort par sa mère, dévoile son parcours hors du commun dans un livre autobiographique intitulé Mes vies, à toute vitesse !. Cet homme de 83 ans, ancien champion automobile devenu agrumiculteur renommé à Menton, retrace ses multiples existences avec humilité et passion.
Une carrière automobile fulgurante
La vie de François Mazet a basculé à l'âge de 22 ans lorsqu'il a remporté le Volant Shell en 1967 sur le circuit de Magny-Cours. Cette victoire l'a propulsé vers le championnat de France de Formule 3, qu'il a gagné en 1969. Considéré comme l'un des grands espoirs de la Formule 1 française, il a accédé à la discipline reine lors du Grand Prix de France 1971 sur le circuit Paul-Ricard.
"Ma carrière de coureur automobile n'a duré que cinq ans, mais elle a marqué toute ma vie", confie-t-il avec nostalgie. Malheureusement, sa progression a été contrariée par la crise pétrolière et le décès tragique de Jo Siffert, son équipier. "Après, c'était trop tard, j'avais 28 ans", ajoute-t-il.
La transition vers l'agrumiculture
Après sa carrière sportive, François Mazet a repris le métier de son père dans les assurances en région parisienne. Mais en 1982, il a radicalement changé de trajectoire en s'installant à Menton, la ville de son enfance. C'est là qu'il a développé sa seconde passion : l'agrumiculture.
"C'est Laurent Valetta qui m'a mis le pied à l'étrier de l'agrumiculture, j'avais neuf ans !", se souvient-il. Aujourd'hui, sa Citronneraie®, labellisée Jardin remarquable depuis 2006, s'étend sur 20 000 mètres carrés et compte plus de 400 citronniers.
Un livre pour transmettre
L'idée d'écrire ce livre est née d'une demande de ses petits-enfants. "On m'a proposé plusieurs fois de faire un livre, mais ça ne m'a jamais tenté jusqu'au jour où mes petits-enfants m'ont dit : 'On nous parle de toi mais on ne sait rien de ta vie'", explique François Mazet.
Il a collaboré avec Jean-Michel Desnoues, journaliste à Auto Hebdo, pour rédiger cet ouvrage qui mêle souvenirs sportifs et passion pour la nature. "On ne s'est vu que six fois, mais il a su capter très vite ce que je voulais partager", précise-t-il.
Un héritage familial
Les deux passions de François Mazet lui viennent directement de ses parents. "Mon père m'a légué le goût de la voiture et ma mère celui du végétal !", raconte-t-il. Sa mère, qui l'appelait affectueusement trompe-la-mort, avait bien compris son attirance pour la vitesse.
Avant de se consacrer à l'automobile, il pratiquait déjà la voltige aérienne. Un accident l'a finalement orienté vers les circuits, malgré les réticences initiales de ses parents.
La Citronneraie®, un paradis terrestre
La propriété de François Mazet à Menton est bien plus qu'une simple exploitation agricole. "Pour reconstituer la propriété, il m'a fallu 45 ans !", révèle-t-il. Aujourd'hui, elle abrite 200 oliviers vieux de 600 à 800 ans, ainsi que des plantes tropicales et subtropicales rapportées de ses voyages.
"Le paradis, c'est mon jardin, l'autre, je ne le connais pas !", déclare-t-il avec conviction. "Je passe plus de deux heures dans mon jardin, où je me trouve mieux que nulle part ailleurs. Il m'apporte beaucoup de sérénité."
Un lien toujours vivant avec le sport automobile
Bien qu'il ait quitté les circuits, François Mazet n'a jamais vraiment coupé les ponts avec le monde automobile. Il a notamment été en charge des relations avec les pilotes et les constructeurs au comité de direction du Grand Prix de Monaco.
Chaque année, il continue d'assister à plusieurs Grands Prix en Europe, perpétuant ainsi sa passion pour la vitesse et la compétition.
Son livre Mes vies, à toute vitesse ! n'est pas seulement le récit d'une vie exceptionnelle, c'est aussi un témoignage sur la liberté d'entreprendre qui caractérisait les années 1970. "Je voulais parler de mon parcours, mais surtout de cette liberté de faire et d'entreprendre qu'on avait dans les années 70 et qui s'est réduite au fil des décennies", conclut François Mazet.



