Lacanau : les chasseurs évaluent les dégâts sur les tonnes après les intempéries hivernales
Dégâts sur les tonnes de chasse à Lacanau après les tempêtes

Lacanau : les chasseurs évaluent les dégâts sur les tonnes après les intempéries hivernales

Après le passage dévastateur de la tempête Nils et les fortes intempéries qui ont marqué le mois de février, les chasseurs de Lacanau se mobilisent pour dresser un bilan complet des dégâts subis par leurs cabanes traditionnelles, communément appelées « tonnes ». Ces installations, nichées sur les rives et les îlots du lac, ont été sévèrement touchées par la montée des eaux et les assauts du vent, nécessitant des réparations urgentes avant l'ouverture de la saison de chasse prévue en août.

Un état des lieux crucial sur le lac

À bord du bateau de la police municipale, Corinne Fritsch, présidente de l'Association communale de chasse agréée (ACCA) de Lacanau, et Christian Bourricaud, président de la commission des tonnes, scrutent attentivement les rives du lac. Cette vaste étendue d'eau de 1 985 hectares, l'une des principales nappes des lacs landais, révèle peu à peu l'ampleur des dégâts. Les tonnes, ces petites cabanes de bois souvent plastifiées pour résister à l'humidité, apparaissent au fil de la navigation, posées au ras de l'eau ou dissimulées dans la végétation des marais et zones humides.

« À Lacanau, il y a environ 36 ou 37 tonnes », précise Christian Bourricaud. Implantées sur le domaine public communal, elles sont soumises à une autorisation d'emplacement délivrée par la mairie et à une convention avec l'ACCA, garantissant leur caractère temporaire et respectueux de l'environnement.

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L'impact dévastateur du vent et de la houle

La plupart des tonnes se situent sur la rive est du lac, où les fonds sont plus faibles et les pentes plus douces. Certaines sont également installées sur de petits îlots naturels, localement nommés « poujos », que les chasseurs entretiennent et végétalisent pour lutter contre l'érosion. Cependant, cet hiver, les éléments se sont montrés particulièrement violents.

« La plupart des tonnes ont été inondées », constate Christian Bourricaud. Si les dégâts structurels restent limités – une ou deux cabanes ont été cassées –, presque toutes ont été touchées. Les cabanes ont parfois flotté sous la pression de l'eau, et le principal problème est venu du vent : « Ce qui a été le plus gênant, c'est le coup de vent dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février. Le lac était plein et les vagues ont tapé sur les tonnes », explique-t-il.

Une houle générée par la bourrasque, inhabituelle pour un plan d'eau intérieur, a suffi à endommager les installations et à malmener les fragiles îlots sableux. Autour des cabanes, les chasseurs aménagent habituellement des zones de végétation pour stabiliser les sédiments, mais ces efforts ont été mis à rude épreuve.

La remise en état avant la saison de chasse

La chasse à la tonne est une pratique bien ancrée dans la culture des lacs médocains, avec des installations similaires à Carcans et Hourtin. La saison débute le premier samedi d'août et se termine fin janvier, durant laquelle les chasseurs traquent principalement le gibier de passage comme les canards, oies ou limicoles. Installés dans la cabane, ils utilisent des appelants, parfois des canards vivants, pour attirer les oiseaux.

Mais pour l'heure, la priorité est aux réparations dans un milieu difficile d'accès. « On attend que le niveau du lac descende pour pouvoir faire les travaux », indique Christian Bourricaud. Certaines installations devront être remises en état, tout comme les cages destinées aux appelants, qui se retrouvent sous l'eau. La tempête a aussi laissé d'autres traces : de nombreuses bouées de balisage ont été emportées et plusieurs bateaux restent échoués, parfois jusque dans la lisière de la forêt.

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Un patrimoine local à préserver

Le niveau de l'eau a atteint des hauteurs rarement vues depuis des décennies. « De mémoire de chasseur, je me souviens d'un niveau comparable il y a plus de trente ans », confie Christian Bourricaud, évoquant des crues dans les années 1980. Comme chaque année, les installations feront l'objet d'un contrôle à la fin de la saison avec la police du lac, pour vérifier le respect des règles, notamment une surface maximale de 15 mètres carrés et l'absence d'installations permanentes.

Pour les chasseurs, ces tonnes restent avant tout des postes de chasse traditionnels et des lieux de tranquillité au cœur d'un environnement préservé. Malgré les dégâts de l'hiver, tous comptent bien les remettre en état avant la prochaine ouverture, au cœur de l'été, perpétuant ainsi un patrimoine discret mais essentiel du lac de Lacanau.