Une exposition bouleversante sur le destin des réfugiés espagnols à Béziers
La Colonie espagnole de Béziers, située au 1 rue de la Vieille-Citadelle, accueille actuellement une exposition itinérante d'une profondeur historique remarquable. Intitulée "Rotspanier espagnols", ou "Espagnols rouges", cette présentation plonge les visiteurs dans le sort tragique des républicains espagnols fuyant le régime franquiste. Organisée jusqu'au 20 février, elle est le fruit d'un partenariat avec l'Ateneo du Narbonnais, comme l'explique Antonio Fulleda, président de la Colonie espagnole.
Le parcours douloureux des exilés républicains
Si les camps de réfugiés espagnols dans le sud de la France sont relativement connus, le destin spécifique d'environ 100 000 Républicains sur les 300 000 réfugiés reste souvent méconnu. L'exposition, conçue par Peter Gaida, docteur en histoire contemporaine et président de l'association Histra, et Antonio Munoz Sanchez, spécialiste des relations germano-ibériques, met en lumière leur calvaire. Ces exilés, croyant trouver la liberté en France, ont été confrontés à une réalité brutale.
Dès leur arrivée, ils ont été parqués sur des plages du sud de la France, enfermés dans des camps improvisés comme ceux d'Argelès, Saint-Cyprien, Agde ou Bram. Par la suite, beaucoup ont été contraints de travailler sur des chantiers du gouvernement de Vichy, notamment pour la construction du mur de l'Atlantique, ou pour les forces d'occupation allemandes. Le terme "Rotspanier" leur a été attribué par les Allemands, qui les ont persécutés sans relâche.
Vingt totems pour sept années de souffrance
L'exposition se compose de vingt totems lumineux installés dans la grande salle du théâtre de la Colonie espagnole. Ces supports visuels racontent, en trois langues – castillan, français et allemand –, le parcours de ces Espagnols de 1939 à 1945. De leur internement initial en France à leur libération des camps de concentration allemands comme Mauthausen, Dachau ou Buchenwald, chaque panneau détaille les épreuves endurées.
Antonio Fulleda souligne la qualité historique et esthétique remarquable de cette exposition, mise en forme par l'association "Ay Carmela" de Bordeaux. Elle met en mots et en images le destin de ceux qui, après la guerre, n'ont souvent pas pu rentrer en Espagne, étant considérés comme des traîtres par le régime de Franco.
Informations pratiques pour une visite émouvante
Cette exposition, à la fois pédagogique et émotionnelle, est accessible gratuitement aux horaires d'ouverture de la Colonie espagnole : du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h. En dehors de ces créneaux, il est possible de prendre rendez-vous en contactant le 04 67 49 13 03. Une occasion unique de se plonger dans une page d'histoire souvent occultée, qui résonne avec les enjeux contemporains des migrations et des droits humains.