Grasse : des collégiens découvrent les secrets de la rose Centifolia
Des collégiens de Grasse initiés aux secrets de la rose

Les élèves de 4e4 du collège Les Jasmins à Grasse ont troqué leurs stylos contre des tabliers de cueillette, lundi 18 mai 2026, pour une matinée pédagogique au cœur des champs de roses Centifolia, dans le quartier du Moulin de Brun. Accompagnés de leur professeure de français, Aurore Akeniouine, ils ont participé à la récolte chez Philippe et Caroline Garnerone, producteurs de plantes à parfum.

Une immersion dans l'univers du parfum

Depuis plusieurs mois, la classe est plongée dans l'univers du roman Le Parfum de Patrick Süskind, dont l'intrigue se déroule en partie à Grasse. « En mars, ils ont visité le Musée International de la parfumerie et participé à un escape game dans le centre historique. Certains m'ont demandé si c'était bien les ruelles du livre. Ce qui était fiction devient réel, c'est un bon moyen de les intéresser au patrimoine », explique l'enseignante.

La cueillette, un geste précis

Tablier autour de la taille, les adolescents écoutent les conseils des producteurs avant de s'activer. « Il ne faut pas arracher la fleur, il faut tourner pour détacher une partie de la rose », explique Hugo, 13 ans. « Ça sent super bon ! On avait peur qu'il pleuve mais finalement, il fait un temps parfait », sourit Valentine. Marwa montre ses bras griffés : « C'est agréable mais il faut faire attention aux épines et aux ronces. »

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De la fleur au flacon

Une représentante de Robertet, entreprise partenaire, a expliqué aux collégiens le devenir des fleurs récoltées : parfums, sirops, biscuits, bonbons. Ils ont pu sentir des créations comme le célèbre parfum Chloé et une nouvelle fragrance, avant de goûter des bonbons à la rose. « Là, ils voient tout le processus », souligne Aurore Akeniouine. Cette approche immersive complète les cours de physique-chimie sur la distillation.

Un patrimoine immatériel

Grasse est historiquement la capitale mondiale du parfum. Depuis 2018, les savoir-faire liés au parfum sont inscrits au Patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Pour Philippe Garnerone, dont la famille cultive ces terres depuis 1892, accueillir les jeunes est une évidence : « C'est une transmission et un partage du savoir-faire avec les plus jeunes. »

Une récolte impactée par le froid

Les Garnerone veillent sur 8 000 plants de roses, en partenariat exclusif avec Robertet. La récolte, qui s'étend d'avril à juin, est cette année moins abondante : « Les bonnes années, on ramasse jusqu'à 250 kg par jour. Là, on tourne autour de 70 kg », explique Philippe. En cause, les fortes rafales de vent froid début avril. « La rose ne craint pas le froid, mais les boutons, si. Quand ils sont sortis, ils ont brûlé à cause du vent. »

L'enseignante espère organiser l'an prochain une rencontre avec l'école de parfumerie Prodarom : « Ça peut susciter des vocations ! »

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