Agde : découverte d'une amphore antique et graffiti sur une digue romaine dans l'Hérault
Découverte archéologique majeure à Agde dans l'Hérault

Fouilles archéologiques à Agde : des trésors antiques émergent du fleuve Hérault

Dans le cadre de campagnes de fouilles menées ces dernières semaines, le site de la Motte II, situé dans le fleuve Hérault près d'Agde, a livré des découvertes exceptionnelles. Sous la direction des archéologues Fabrice Laurent, du bureau d'études Eveha, et Céline Gomez, pour l'agglomération Hérault Méditerranée, des plongeurs ont exploré ce site englobant deux périodes historiques distinctes : l'âge du Bronze et l'Antiquité.

Une digue romaine construite avec des amphores

Les recherches ont mis en lumière une section de digue datant du IIe siècle avant notre ère, entièrement constituée d'amphores empilées. Ces amphores, copies d'un modèle italique, étaient en partie produites localement, avec un atelier identifié à Saint-Michel de Bagnas. Une amphore intacte, portant une signature, a été découverte, accompagnée d'un graffiti bien conservé, offrant un rare témoignage des pratiques artisanales et commerciales de l'époque.

Un site aux multiples facettes historiques

Le site de la Motte II révèle également des vestiges de l'âge du Bronze, avec des bâtiments sur pilotis datant de 1745-1605 avant notre ère et d'autres de 1264-1115 avant notre ère, retrouvés dans l'ancienne lagune du fleuve. Ces découvertes font écho à des trouvailles plus récentes sur le même lieu, où les archéologues privilégient désormais l'étude du vaste site antique.

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Selon les experts, il pourrait s'agir d'un port de franchissement, composé de digues en rive droite et peut-être en rive gauche, comme le suggèrent des images sonar réalisées en 2025. Ces aménagements, incluant des digues en basalte et calcaire, visaient à canaliser le Bas-Hérault sur au moins 1,5 kilomètre, facilitant la navigation et l'autocurage du fleuve.

Impact du climat romain sur le commerce local

Les archéologues soulignent que ces travaux coïncident avec l'optimum climatique romain, une période de réchauffement entre 250 avant J.-C. et 400 après J.-C. Cette phase sèche a probablement affecté le transport des marchandises, notamment le commerce du vin agathois, produit dans les domaines viticoles autour de la cité antique. Les conséquences sur les échanges locaux ont sans doute été significatives, illustrant l'adaptation des sociétés anciennes aux changements environnementaux.

Ces fouilles, menées par l'association Ibis, continuent d'enrichir notre compréhension du patrimoine archéologique de l'Hérault, mettant en lumière des techniques de construction innovantes et des dynamiques économiques antiques.

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