Jean-Marie Soulard ouvre les ruines du château de la Renaudie au public pour la première fois
Château de la Renaudie : un nouveau propriétaire ouvre les ruines

Un passionné d'histoire redonne vie aux ruines du château de la Renaudie

Jean-Marie Soulard, un Poitevin de 56 ans aux racines périgourdines, a réalisé un rêve en décembre 2024 en acquérant les imposantes ruines du château de la Renaudie. Situé à mi-chemin entre Brantôme et Nontron, dans le Périgord vert, cet édifice historique sort de l'oubli grâce à son nouveau propriétaire.

Une première ouverture au public

Pour la première fois, le public est invité à découvrir ce site chargé d'histoire lors de l'opération Châteaux en fête. Un marché médiéval animera les lieux les week-ends des 11 et 12 avril, suivi de visites guidées les 1er, 2 et 3 mai en compagnie d'un membre de la famille. Ces événements marquent le début d'une nouvelle ère pour ce patrimoine longtemps négligé.

Depuis le chemin communal de Saint-Front-la-Rivière, on aperçoit la silhouette improbable du château, cernée par la végétation au milieu des champs. Jean-Marie Soulard, ancien marin, garde républicain et gendarme à la retraite, confie : « Ici, je suis un enfant, je m'éclate ». Sa découverte du site remonte à quelques années, grâce à une cousine de Brantôme. À l'époque, l'édifice était complètement recouvert de végétation, à l'état « de forêt ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un lien familial surprenant

En réalisant son arbre généalogique, Jean-Marie Soulard a fait une découverte étonnante : une très lointaine arrière-grand-mère appartenait à la famille des du Barry, premiers propriétaires du château reconstruit au XVe siècle. « Ma grand-mère disait bien qu'il y avait eu autrefois un château dans la famille, mais je ne m'y attendais pas du tout », sourit-il. Ce lien inexplicable a renforcé sa détermination à acquérir les ruines, dont il est désormais le sixième propriétaire depuis le XIXe siècle.

En un an, il s'est attaqué à la végétation invasive, comme en témoignent les piles de troncs entreposées en contrebas de l'édifice. Son objectif n'est pas de reconstruire le château, mais de faire vibrer l'Histoire et la nature. Il imagine déjà poser deux planchers dans l'ancienne prison et une arrière-cuisine, peut-être grâce à un appel aux dons.

Un passé mouvementé

Le château de la Renaudie a connu des heures fastes avant sa déchéance. Construit sur les bases d'un château du XIIe siècle, embelli au XVe et au XVIIe siècle, il comptait :

  • Un grand escalier et un pont-levis
  • Un donjon avec des oubliettes
  • Une prison, une cave et une cuisine
  • Une salle de réception et de nombreuses chambres
  • Une chapelle et un oratoire

Jean du Barry, premier seigneur de la Renaudie et chef de la conjuration d'Amboise, y a laissé son empreinte avant que son corps ne soit découpé en cinq morceaux et exposé aux portes d'Amboise en 1560. Ses descendants, dont la famille Peyrusse des Cars, ont enrichi le château jusqu'en 1783.

Les aléas climatiques, dont un tremblement de terre en 1355 et les effets d'une éruption volcanique islandaise en 1783 ressentis jusqu'en Dordogne, ainsi que la Révolution française, ont précipité sa ruine. Vendu à des agriculteurs qui en firent une carrière, le château fut dépecé à petit feu.

Une renaissance culturelle

Fan de reconstitution historique, Jean-Marie Soulard a fabriqué une armure arborant les armoiries de la famille du Barry. Il a déjà organisé un camp scout estival sur le site et y a passé sa première nuit à la belle étoile, accompagné seulement par une chouette, un faucon et le murmure du passé.

Les visiteurs pourront découvrir les vestiges des remparts, des tours et des façades imposantes qui abritaient autrefois 600 m² de logis seigneurial sur trois étages. Grâce à un inventaire de 1686, des reconstitutions virtuelles en 3D permettent d'imaginer le château dans toute sa splendeur passée.

Le marché médiéval de ce week-end accueillera une quinzaine d'artisans et une taverne, rendant hommage au talent des artisans tout en célébrant l'histoire des lieux. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large, comme en témoigne la récente publication du roman « La Damoiselle de Nontron » de Dominique Villeveygoux, qui évoque les anciens seigneurs de la Renaudie.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Jean-Marie Soulard, intarissable sur le sujet, conclut avec passion : « On sait tout ce qu'il y avait, au nombre de chaises et de tapisseries près ». Son rêve est désormais de partager cette passion avec le public, faisant du château de la Renaudie un lieu de mémoire vivante au cœur du Périgord vert.