Champ-de-Mars : plus de 60 arbres abattus en trois ans, le poumon vert de Paris menacé ?
Ils figurent sur un grand nombre des millions de photos prises chaque jour de la Dame de fer à Paris. Parfois même, les touristes du monde entier tentent de les éviter pour bien voir la star du Champ-de-Mars, la tour Eiffel. Ou, au contraire, jouent avec leurs feuilles pour laisser découvrir le monument aux huit millions de visiteurs au détour d’une vidéo souvenir.
Les arbres du Champ-de-Mars, dans le VIIe arrondissement de Paris, sont un peu plus de 2 000. Certains centenaires avaient même défrayé la chronique il y a quatre ans, jour pour jour, quand la Ville de Paris voulait les abattre dans le cadre d’un projet de réaménagement. Associations furieuses, défenseur de la nature perché dans un platane plus que centenaire… La Ville avait finalement plié et épargné ces morceaux d’histoire.
Mais depuis 2023, plus de 60 arbres ont été abattus, soit une moyenne de 20 par an. Ce rythme alerte les défenseurs de cet espace vert iconique. Selon eux, la terre tassée par les manifestations répétées et les « blessures » des troncs fragilisent ce patrimoine végétal. Les racines souffrent du piétinement constant, et les branches sont parfois endommagées par les installations temporaires.
La Ville de Paris assure que ces abattages sont nécessaires pour des raisons de sécurité sanitaire : arbres malades ou dangereux. Mais les associations dénoncent un manque d'entretien et une pression excessive due à la surfréquentation. Le Champ-de-Mars, avec ses 24 hectares, est l'un des plus grands espaces verts parisiens, mais il subit les conséquences de son succès.
Des jeunes arbres sont replantés pour compenser, mais leur croissance est lente. Les défenseurs réclament un plan de gestion durable, incluant des zones de régénération et une limitation des événements sur la pelouse. La question est désormais politique : comment concilier attractivité touristique et préservation du patrimoine naturel ?



