Si notre planète, née il y a 4,6 milliards d’années, n’est plus que rarement frappée par des astéroïdes géocroiseurs, elle a dans ses premiers temps connu un véritable bombardement. On sait que la chute il y a 66 millions d’années d’un astéroïde d’au moins 10 kilomètres de diamètre dans la péninsule du Yucatán a provoqué l’extinction de 75 % des espèces vivantes terrestres. Or dans une période plus ancienne, les astéroïdes étaient bien plus énormes.
La vie est-elle apparue malgré ou grâce aux collisions ?
C’est ce que nous révèle ce film, qui montre combien les connaissances sur l’émergence de la vie ont été bouleversées récemment. Dans les montagnes de Barberton, en Afrique du Sud, dont les roches sont vieilles de 3,2 à 3,6 milliards d’années, on a retrouvé les traces de huit collisions massives : pour l’une d’elles, le géocroiseur était de 50 à 200 fois plus massif que celui qui a anéanti les dinosaures. L’analyse de cristaux de zircon, à Barberton, a montré qu’ils s’étaient formés dans un fond océanique, révélant qu’il existait déjà un océan il y a 4,3 milliards d’années et non juste un enfer de magma en fusion comme on le croyait jusqu’alors.
Une hypothèse qui change tout
Autre révision de notre échelle du temps, l’étude de roches de Barberton et d’Australie a montré des microbes fossilisés il y a près de 3,5 milliards d’années. Pour les scientifiques, cela indique que la vie aurait émergé sur Terre voilà de 4,2 à 4,3 milliards d’années. Les astéroïdes géants qui ont frappé cette Terre primitive ont créé de gigantesques systèmes hydrothermaux, où l’eau vaporisée s’échappe à travers la roche, comme on le voit dans le parc de Yellowstone aux États-Unis et dans les océans, où une activité organique a été trouvée. Des expériences en laboratoire, recréant les conditions d’un système hydrothermal sur la Terre primitive, ont permis la formation de molécules plus complexes : les astéroïdes n’ont pas été que destructeurs, ils semblent bien avoir contribué à la formation de la vie sur Terre. Ou ailleurs, comme le suggère le film, car des impacts d’astéroïdes et la trace d’anciens systèmes hydrothermaux ont été observés sur Mars. De quoi attendre de nouvelles découvertes, et peut-être d’autres vies ailleurs.
Diffusion samedi 2 mai à 22h30 sur Arte. Documentaire de Ruth Berry (2025), 50 minutes. Disponible à la demande sur Arte.tv.



