Arles : le mystérieux coffre antique du Rhône livre ses secrets
Arles : le coffre antique du Rhône livre ses secrets

Un coffre antique de trente centimètres de large, quarante de long, vingt de haut pour quarante kilos a été remonté discrètement des eaux du Rhône, à Arles, en octobre dernier. Il reposait par dix mètres de fond, au milieu de fragments funéraires. Depuis, il mobilise toutes les attentions et laisse libre cours à l'imagination des chercheurs.

Un objet unique

Luc Long, conservateur en chef du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), souligne : "On a déjà trouvé des fragments de coffre dans le Rhône, mais jamais un objet entier." Impatient de voir "ce qu'il a dans le ventre", il a accompagné le précieux vestige jusqu'à l'IUT de Nîmes, où le service de radiographie industrielle a été mis à contribution.

L'expertise radiographique

Conservé dans un bain d'eau douce à huit degrés Celsius dans une chambre froide obscure du Drassm à Marseille, le coffre scellé a transité par le département de radiographie de l'IUT. Valérie Ponsa, responsable de la radiographie, a tâtonné pour trouver le dosage susceptible de révéler le contenu du coffre, fondu dans un magma de sédiments et de concrétions accumulés. Elle a envoyé successivement 250 kilovolts, puis 100, et enfin 150.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les premières hypothèses

Les plaques radiographiques ont été développées et séchées, chacune minutieusement étudiée. L'objet présente un châssis de bois doublé de plaques métalliques en alliage cuivreux, avec de grands clous tenant la structure. "On a cru, à un moment, qu'il datait de l'époque médiévale. On le situe aujourd'hui entre le 1er et le 4e siècle", affirme Luc Long. Le mécanisme de la serrure apparaît clairement sur les radiographies, ce qui permettra de dater plus précisément l'objet, qui pourrait avoir été lesté par une pierre.

Un coffre funéraire ?

Parmi les hypothèses, celle d'un coffre funéraire est envisagée. Cette théorie n'est pas farfelue : l'époque a déjà livré un spécimen rempli de jouets d'enfants. Pour aller plus loin, impossible de démonter le coffre. D'autres expertises sont donc envisagées. En attendant, le précieux vestige a rejoint sa chambre réfrigérée.

Luc Long conclut : "Ce coffre a été utilisé par des hommes qui l'ont fermé soigneusement. Pourquoi ? On n'a pas beaucoup d'indices." Le mystère demeure, mais les chercheurs ne désespèrent pas de percer un jour ses secrets.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale