Mika à Florence : un artiste pop qui défie les conventions et aborde la politique
Mika, à Montréal (Canada), en janvier 2025. SACHA COHEN Pour accéder à la villa de Mika, située à seize kilomètres au sud-est de Florence, il faut traverser un paysage de fable – des montagnettes mouchetées de cyprès et d’oliviers, des routes cahoteuses, des installations électriques aléatoires, et des propriétés semi-abandonnées. On sonne à l’interphone. Une voix de femme nous accueille chaleureusement, dans un italien trempé d’accent roumain.
Passé le portail sans prétention, nous voilà nez à nez – ou plutôt nez à groin – avec deux cochons ailés, peints sur une pancarte en bois. « Pigs can fly » (« les cochons peuvent voler »), lit-on au-dessus des deux animaux. Aurait-on, par mégarde, abusé d’un champignon en chemin ? Renseignement pris, l’écriteau fait référence à l’expression « when pigs fly » (« quand les cochons voleront »), équivalent british de notre « quand les poules auront des dents ». Comprendre : à l’impossible, cette vedette-là est tenue.
Un parcours artistique unique et audacieux
Il est vrai que Mika, dans un circuit pop de plus en plus balisé, ne fait rien comme tout le monde. À rebours des logiques marketing traditionnelles, sa tournée mondiale, qui passe le lundi 16 février par l’Accor Arena, à Paris, a été annoncée bien avant la sortie, fin janvier, de son septième album, intitulé Hyperlove. Lequel se confronte à ce que la plupart de ses pareils fuient comme la peste : la politique, sujet casse-gueule par excellence, où il y a tant à perdre, et si peu à gagner.
Dans un univers musical souvent aseptisé et commercial, Mika ose ainsi aborder des thèmes engagés et controversés, défiant les attentes du public et de l’industrie. Cette approche unique reflète son parcours artistique, marqué par une volonté constante de briser les codes et d’explorer de nouvelles voies créatives. Sa villa toscane, avec son ambiance surréaliste et ses références culturelles éclectiques, symbolise parfaitement cet esprit libre et innovant.
La préparation de sa tournée mondiale et la sortie imminente de Hyperlove témoignent d’une période intense de création et de réflexion pour l’artiste. Mika continue de surprendre et d’inspirer, prouvant que dans le monde de la pop, il est possible de voler haut, même quand les cochons semblent incapables de le faire. Son engagement politique, bien que risqué, ajoute une profondeur nouvelle à son œuvre, invitant les auditeurs à réfléchir au-delà des mélodies entraînantes.