Eurovision 2026 : la compétition s'annonce serrée
La 70e édition du concours de chansons européen démarre ce mardi 12 mai à Vienne, en Autriche, avec la première demi-finale opposant 15 pays. La Française Monroe, âgée de 17 ans, a de bonnes chances de figurer dans le Top 5 selon les parieurs, mais elle devra faire face à de solides concurrents.
Sortez les drapeaux, les blocs-notes et vos 12 points ! La grand-messe de la chanson européenne revient du 12 au 16 mai pour son édition 2026, qui voit s’affronter 35 pays en compétition. Deux demi-finales se déroulent ce mardi et ce jeudi 14 mai, avant la grande finale samedi.
Pour le moment, la Finlande, la Grèce et le Danemark constituent le trio de tête chez les parieurs, mais leurs prestations en direct peuvent encore bousculer le classement. L’an dernier, la Suède était donnée large favorite et avait finalement échoué au pied du podium.
La Finlande et son lance-flammes
Le « Leikinheitin » (« Lance-flammes ») de la violoniste Linda Lampenius et du chanteur Pete Parkkonen a tout pour l’emporter cette année, avec ce mélange de pop-rock où les cordes de l’instrument répondent au chant. Si les deux artistes l’emportaient, Linda Lampenius, 56 ans, pourrait devenir la gagnante la plus âgée de l’Eurovision en 70 ans de concours, grâce à un titre qui évoque une histoire d’amour tortueuse face à une femme qui souffle le chaud et le froid.
Vingt ans après la toute première victoire finlandaise, Pete Parkkonen et Linda Lampenius ont obtenu une dérogation de taille : la violoniste se produira en live sur la scène de la Wiener Stadthalle avec son Gagliano 1781, alors que les instruments sont normalement prohibés au profit d’une bande-son. Dans une mise en scène qui joue bien sur leur dualité, on a tout pour en prendre plein les yeux.
La Grèce sur un plateau
« Apportez-lui » la victoire sur un plateau. Le rappeur grec Akylas a remporté sa sélection nationale grâce à « Ferto » (« Apporte-le »), un titre bien plus sérieux qu’il n’y paraît. Fils d’une mère poussée à l’émigration aux Pays-Bas en pleine crise financière grecque dans les années 2000 et 2010, il veut désormais tout ce qu’il y a de plus luxueux dans sa vie. Sorte de pamphlet anticonsumériste, « Ferto » est délicieusement addictif.
L’an dernier, on n’avait pas vu venir le phénomène Tommy Cash, deuxième des votes du public avec son inimitable et loufoque « Espresso Macchiato ». Alors on se gardera bien de dire qu’Akylas est trop caricatural avec son pyjama tigré et ses bottes à poil. Avec un refrain accrocheur, simplissime et une prestation qui fait écho à « Minecraft », on ne serait pas surpris qu’il tape dans l’œil du jeune public.
Søren Torpegaard Lund pour le Danemark
Troisième titre et toujours pas d’anglais. Avec « Før vi går hjem » (« Avant de rentrer chez nous »), Søren Torpegaard Lund raconte une histoire d’amour au beau milieu de la nuit qui se termine au petit matin. Dès sa participation au Dansk Melodi Grand Prix, sa finale nationale, il a proposé une scénographie efficace, dans une ambiance mêlant obscurité et néons, à l’instar des lumières artificielles de la vie festive nocturne.
L’entêtant gimmick « Før vi går, før vi går hjem » se retient bien, même sans connaissance du danois. Sa chanson pop résolument moderne évite l’écueil d’en faire trop, tout en proposant une mise en scène qui a tout pour bien rendre sur les télés européennes.
La Française Monroe, toujours bien placée
Avec ses vocalises, on croirait entendre la diva Plavalaguna dans « Le Cinquième élément ». À tout juste 17 ans, Monroe a toutes ses chances pour bien figurer au classement et continuer sur la belle lancée de Slimane et Louane, 4e et 7e lors des deux dernières éditions. Très appréciée chez les parieurs, elle a multiplié les collaborations sur les réseaux sociaux avec les autres artistes pour séduire à l’international, et a livré de solides répétitions.
Après 49 ans de disette, on aimerait bien avoir droit à notre part du gâteau. Monroe prouve que la valeur n’attend pas le nombre des années. Elle passe sans cesse d’un style à l’autre, comme sur une montagne russe. Après une phase chuchotée, on passe sur un bouquet final tonitruant, une formule qui a largement souri à l’Autrichien JJ l’an dernier.
L’Australie dégaine sa superstar Delta Goodrem
Son nom circulait depuis des années pour participer à la compétition. Delta Goodrem est l’une des artistes les plus populaires en Australie, autrice, compositrice et interprète. Révélée adolescente dans une série télé populaire au début des années 2000, elle a également été coach de « The Voice Australie » durant huit saisons et multiplie les tubes.
Avec « Eclipse », elle propose un titre pop calibré, bien produit, qui met en avant ses qualités vocales et ses talents de pianiste. Sa chanson va crescendo et contient un gimmick assez accrocheur, de quoi marquer les téléspectateurs sans trop en faire.
Et si c’était pour l’Italie ?
Ce Napolitain de 56 ans est le doyen de la compétition avec son titre « Per sempre sì » (« Oui pour toujours »), ode au mariage et à l’amour éternel. Supporter indéfectible de son club local, il a reconnu dans une interview qu’il n’échangerait pour rien au monde sa place contre une nouvelle victoire du Napoli. « Le club a déjà gagné quatre fois et gagnera à nouveau. Moi, j’ai mis 50 ans à obtenir ce prix à Sanremo et cette opportunité. Le championnat, c’est tous les ans. »
Sal Da Vinci a cette joie d’être là, ce sourire ultra-bright qui donne envie de lui rendre. Dans cette période troublée, n’est-ce pas réconfortant de s’offrir un cocktail de bonheur pendant trois minutes ? Certes, il a une dégaine de chanteur de mariage pour mamies, mais il y croit tellement qu’on a envie d’y croire avec lui. Une sorte d’alliage de Frédéric François et de Dany Brillant auquel on ne peut pas enlever une sincérité désarmante.
Et aussi…
Dans le top 10, on note Felicia pour la Suède, la « Bella » ballade d’Aidan pour Malte, la rockeuse roumaine Alexandra Căpitănescu, le Franco-Israélien Noam Bettan et sa chanson pour « Michelle », ou encore la Chypriote Antigoni dont le titre « Jalla » a un joli potentiel tube de l’été.
Depuis trois ans, les parieurs ont du mal à viser juste. Si les tendances générales sont généralement les bonnes, le gagnant du concours n’a plus été trouvé depuis 2023 et la victoire de Loreen avec « Tattoo ». L’an dernier, les bookmakers prédisaient une première place pour la Suède, finalement 4e, et une médaille de bronze pour Louane, qui avait terminé 7e.



