Le smoking en crise sur les tapis rouges : entre rébellion et traditions royales
Crise du smoking sur les tapis rouges : rébellion et traditions

Le smoking en péril sur les tapis rouges des cérémonies

Alors que la saison des récompenses artistiques bat son plein, entre les Golden Globes, les Grammy's, les Césars et les Oscars, le tapis rouge est le théâtre d'une crise silencieuse mais significative concernant le smoking. Cet habit de soirée, pourtant codifié depuis des décennies, est de plus en plus malmené par certaines personnalités, notamment américaines, qui interprètent de manière très libre la mention « black tie ».

Les écarts stylistiques des rebelles et des littéraux

On observe deux tendances principales qui éloignent le smoking de son élégance traditionnelle. D'un côté, les rebelles optent pour le port du col ouvert, une audace qui, loin de les affranchir, leur donne souvent l'allure peu flatteuse d'un vieux policier de Miami. De l'autre, les littéraux osent la fine cravate noire à la place du nœud papillon, pourtant requis avec ce vêtement. Ce dernier a été imaginé à l'origine par le tailleur d'Édouard, prince de Galles, pour des soirées détendues au coin du feu, entre cigares et cherry.

Cet abandon progressif du nœud papillon, traditionnellement façonné à la main, marque un renoncement inquiétant. Il s'agit de l'un des derniers atours distinctifs de la garde-robe masculine, une mémoire textile précieuse d'une époque où l'homme maîtrisait encore l'art de la parure. Les rubans, les soies et les nœuds étaient alors l'apanage du pouvoir et du raffinement.

La résistance élégante de quelques irréductibles

Heureusement, certains font de la résistance et préservent l'intégrité du smoking. Le roi Charles III, par exemple, pimente parfois sa tenue d'un col rouge, ajoutant une touche de couleur tout en respectant les codes. Cependant, attention à ne pas imiter cette pratique à la légère. Cette particularité colorée est réservée exclusivement aux membres masculins de la famille régnante britannique lors de leurs apparitions à Windsor.

Cette tradition trouve ses racines dans l'habit de cour, qui, en Angleterre comme en France, variait selon les résidences royales. Par exemple, l'habit porté à Marly n'avait rien à voir avec celui de Choisy. Ainsi, cette touche de couleur n'est pas un simple caprice de mode, mais un héritage historique profond, qu'il convient de respecter sans tentative d'imitation maladroite.

En définitive, le smoking sur les tapis rouges est à la croisée des chemins, entre modernité maladroite et respect des traditions. Alors que les écarts stylistiques se multiplient, il est essentiel de rappeler l'importance de préserver cet élément du patrimoine vestimentaire masculin. Et, comme le dit l'adage, honni soit qui mal y pense.