Sud Ouest féminise son équipe éditoriale avec deux nouvelles signatures
Sud Ouest féminise son équipe éditoriale

Un lecteur de Pessac salue l'arrivée de signatures féminines à Sud Ouest

Un abonné de Pessac, en Gironde, a remarqué un changement significatif dans son quotidien avant l'été. Il écrit : « Notre quotidien a cédé la plume à deux femmes journalistes pour l'éditorial. C'est à ce rendez-vous de la page 2 que je réserve ma première lecture du matin. Je n'ai pas souvenance d'avoir jamais parcouru un seul éditorial portant une signature féminine. Je crois donc deviner une volonté d'élargir à la gent féminine en la matière. Je m'en réjouis. » Cette observation met en lumière une évolution notable au sein du journal Sud Ouest, qui a longtemps maintenu les mêmes éditorialistes.

Un renouvellement éditorial marqué par des départs à la retraite

En effet, plusieurs changements ont eu lieu en 2025. Yves Harté était parti en retraite en 2020, suivi par Bruno Dive en 2022. Jefferson Desport avait rejoint l'équipe en 2023, complétant le trio avec Christophe Lucet, présent depuis 2010, et Benoît Lasserre depuis 2020. Cependant, ces deux derniers collègues ont fait valoir leur droit à la retraite à la mi-2025. Ainsi, Aude Ferbos et Stéphanie Lacaze, toutes deux reporters aux informations générales, ont débuté en tant qu'éditorialistes. Elles ont été rejointes depuis le 6 septembre par Julien Rousset, également membre de ce service basé à Paris. Avec Jefferson Desport, cela forme une équipe de quatre éditorialistes, respectant une parité hommes-femmes, que l'on pourrait appeler les nouveaux mousquetaires de Sud Ouest.

La vision de la direction : adaptation et héritage

Jean-Pierre Dorian, directeur de la rédaction, signe lui-même certains éditoriaux lors de moments clés comme les élections ou pour des messages engageant le titre. Il explique ces changements : « Le temps passe, on doit en permanence se réadapter. Nous nous inscrivons dans une double ambition : faire évoluer la rédaction, la renouveler et la féminiser. Nous tourner vers le futur donc, mais également être à la hauteur de notre héritage. La mission d'éditorialiste est en ce sens symptomatique : ils doivent rester des membres de notre service des informations générales, soit des reporters de terrain capables, de ce poste-là, d'épouser le spectre de notre titre, qui va du local et du régional jusqu'au national et à l'international. » Ce point est d'autant plus remarquable que de nombreux journaux font appel à des éditorialistes extérieurs à leur rédaction, contrairement à Sud Ouest qui privilégie une approche interne.

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Les sentiments des nouvelles éditorialistes : fierté et responsabilité

Aude Ferbos exprime sa fierté : « Je suis fière que Sud Ouest laisse leur place aux femmes, pas parce qu'elles sont femmes mais parce qu'elles sont journalistes. Il n'y a pas d'édito au masculin ou au féminin mais l'édito tout simplement avec des expertises, des sensibilités. L'éditorialiste expose sa signature mais s'exprime avant tout au nom du journal. C'est une responsabilité qui se dose à chaque mot, s'aborde avec humilité et engagement. Si l'édito s'inscrit dans la continuité de la mission de reporter, c'est aussi un exercice à part entière, singulier. Il ne s'agit pas de rédiger un article de plus mais plutôt de prendre position, quitte à susciter débat et controverse. En acceptant les réactions. »

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Stéphanie Lacaze abonde dans ce sens : « On ne postule pas pour être éditorialiste, parce que ce n'est pas un poste, dit-elle. Plutôt une mission particulière qui vient en complément des activités de reporter. Je n'avais jamais envisagé de devenir éditorialiste. Je suis une journaliste de terrain qui aime rendre compte de la vie, raconter des histoires révélatrices de la société. Porter un point de vue sur un sujet qui engage la rédaction me paraissait délicat. Et c'est le cas. Mais j'aime les défis, j'ai donc réfléchi à des thèmes qui m'intéressaient et qui pouvaient concerner nos lecteurs. Et je me suis prise au jeu. Écrire un édito oblige à réfléchir en profondeur à un sujet, à le mettre en perspective, le décortiquer. Aiguiser sa pensée pour ne pas être dans la platitude. Un travail intellectuel presque à rebours des réflexes du journaliste habitué à l'actualité chaude. C'est passionnant. Et si mon arrivée est la conséquence d'une féminisation voulue, je n'écris pas en tant que femme. Cependant, je suis heureuse de pouvoir traiter de thèmes un peu différents des confrères masculins qui m'ont précédée. »

L'approche de Julien Rousset : nuance et réflexion

Julien Rousset, le nouvel éditorialiste, partage sa vision : « L'éditorial doit mettre en perspective un fait d'actualité, stimuler la réflexion en partant d'une information, bâtir un point de vue en confrontant les arguments. Dans notre société très polarisée, avec un débat public dégradé, je voudrais apporter de la nuance, sans simplisme ni manichéisme. » Les éditorialistes sont en effet scrutés de près par les lecteurs, ce qui renforce l'importance de leur rôle dans le paysage médiatique.