Le Parti socialiste a demandé ce mercredi que deux votes distincts soient organisés sur le rapport de la commission d'enquête relative à l'audiovisuel public, présidée par le député Laurent Alloncle (LR). Cette initiative vise à dissocier les recommandations relatives au financement et à la gouvernance de celles concernant la réforme de l'audiovisuel public. Le PS souhaite ainsi permettre aux députés de se prononcer séparément sur des aspects qu'il juge distincts.
Une demande de scission du vote
Lors d'une conférence de presse, le député socialiste Jérôme Guedj a expliqué que le rapport Alloncle contient à la fois des propositions sur le financement de l'audiovisuel public, comme la suppression de la redevance, et des recommandations sur la gouvernance et les missions. « Il est légitime que les parlementaires puissent voter en toute connaissance de cause sur chaque volet », a-t-il déclaré.
Le PS estime que le rapport, qui préconise notamment une fusion de France Télévisions, Radio France et de l'INA, pourrait avoir des conséquences majeures sur le service public audiovisuel. « Nous ne voulons pas d'un vote global qui mêle des sujets aussi différents que le financement et la gouvernance », a ajouté Jérôme Guedj.
L'opposition de LFI
De son côté, La France insoumise a annoncé qu'elle voterait contre le rapport Alloncle, quel que soit le format du scrutin. Pour le député insoumis Alexis Corbière, ce rapport est « un cheval de Troie pour privatiser l'audiovisuel public ». Il a dénoncé « des propositions dangereuses qui affaibliraient le service public ».
La position de LFI est claire : le rapport Alloncle ne répond pas aux besoins des citoyens et menace l'indépendance des médias publics. « Nous appelons tous les députés attachés au service public à rejeter ce texte », a déclaré Alexis Corbière.
Un rapport controversé
Le rapport de la commission d'enquête, qui doit être examiné en séance publique dans les prochains jours, suscite de vives réactions au sein de la classe politique. Plusieurs syndicats de journalistes et associations de défense des médias ont également exprimé leur opposition à certaines de ses recommandations.
La présidente de la commission, Sophie Primas (LR), a défendu le travail accompli, estimant que le rapport propose des réformes nécessaires pour moderniser l'audiovisuel public. « Il est temps de sortir des dogmes et d'ouvrir le débat sur l'avenir de nos médias publics », a-t-elle affirmé.
Le gouvernement n'a pas encore pris position officiellement, mais plusieurs ministres ont laissé entendre que des réformes étaient nécessaires pour garantir la pérennité du financement de l'audiovisuel public.
Le vote sur le rapport Alloncle devrait avoir lieu dans les deux semaines à venir, et son issue reste incertaine face aux divisions politiques.



