Le bonheur n'est plus ce qu'il était. « Etes-vous heureux ? » demandaient déjà, en 1962, Chris Marker et Pierre Lhomme aux Parisiens dans « le Joli Mai ». Soixante ans plus tard, en 2022, Vanya Chokrollahi et Romain Rampillon ont posé la même question à ceux qu'ils ont croisé dans la capitale. Le résultat est un documentaire intitulé « Paris, un jour de mai », diffusé ce soir à 20h40 sur LCP.
Un portrait de Paris à travers ses habitants
Des tours de la Défense à Aubervilliers, en passant par Montmartre ou le parc Montsouris, employés, ouvriers, SDF, étudiantes ou dessinateur se prêtent au jeu. Leurs réponses reflètent les préoccupations du quotidien et l'anxiété que notre époque génère. À commencer par le logement et « les loyers indécents ». La cherté de la vie est également pointée du doigt. « On va dépenser 6 millions d'euros pour des équipements olympiques mais on ne peut pas reloger 300 résidents d'un foyer qui n'ont rien demandé à personne ? » dénonce le représentant de personnes délogées en bisbille avec leur bailleur.
Des visions contrastées du bonheur
Un portraitiste de Montmartre rêve de « laisser une trace » grâce à l'écriture. Un ouvrier sur des chantiers de construction philosophe : « Le bonheur, il faut le trouver dans son for intérieur parce que si on ne le trouve pas à l'intérieur de soi, ce n'est pas la peine de le chercher ailleurs. Ça tourne tout seul le bonheur, c'est comme sur un chantier. Si les préparations sont bien faites, ça va tout seul. » La Ville Lumière est aussi celle de la nuit, celle des maraudes, celle de Rungis, où le bonheur pour les vendeurs est de se parler, de faire des rencontres, quitte à sacrifier leur vie de famille.
La politique, en revanche, ne réenchante plus grand-chose selon une jeune femme croisée en marge d'une manifestation. Dans ce monde en bascule, « l'avenir est inquiétant, ça va être terrible pour la prochaine génération », s'angoisse une mère de famille. Même crainte chez ce jeune d'Aubervilliers, que la pauvreté effraie et qui a sa vision bien particulière des Parisiens. « La vie n'est pas pareille. On n'a pas la même façon de s'habiller, pas le même dialecte. » Il ajoute : « À Paris, ils ont des préjugés sur les gens de banlieue. Ils sont dans leur monde. Paris, c'est un monde à part. »
Une ville romantique mais fracturée
Une ville qui reste pourtant romantique, d'après une jeune fille, à qui son amie s'empresse de rétorquer : « Ça dépend des quartiers. » Le documentaire, réalisé par Vanya Chokrollahi et Romain Rampillon, dure 1h05 et est disponible à la demande sur le site de LCP.



