Charline Bourgeois-Tacquet : « La Vie d’une femme » en compétition à Cannes
Charline Bourgeois-Tacquet : son film en compétition à Cannes

La réalisatrice Charline Bourgeois-Tacquet, originaire de Royan en Charente-Maritime, a fait sensation sur la Croisette avec son nouveau film « La Vie d’une femme ». Nous l'avions rencontrée en 2021 à Bordeaux pour un entretien informel autour de son premier long-métrage, le charmant et piquant « Les Amours d'Anaïs ». Nous avons retrouvé la cinéaste de 40 ans ce jeudi 14 mai au Palais des festivals, prise dans un tourbillon d'interviews et de séances photo. Son deuxième film, « La Vie d'une femme », a été dévoilé mercredi soir en compétition officielle, en lice pour la Palme d'or. Il s'agit du portrait vivace et subtil, à la fois littéraire et ancré dans le réel, d'une femme de son époque : Gabrielle, quinquagénaire, chirurgienne, interprétée par Léa Drucker. Le film sortira le 9 septembre.

Une projection sous le signe du trac

Interrogée sur la présentation officielle du film, la réalisatrice confie : « Jusqu'à la montée des marches et la projection, j'étais détendue, euphorique même, pas du tout stressée. Puis soudain, dans la salle, à la seconde où le film a démarré : le trac. J'ai basculé dans un état d'angoisse inattendu, mon rythme cardiaque s'est accéléré. J'ai mesuré concrètement que le film allait être vu et jugé, qu'il ne m'appartient plus. »

Une femme libre et passionnée

Le film met en scène une femme de 55 ans qui place le travail au centre de sa vie et n'a jamais souhaité avoir d'enfants. « C'était très important pour moi de représenter une femme passionnée par son métier, qui n'a pas construit son existence sur la maternité ou sur le couple. Et une femme de 55 ans qui va bien, épanouie, en mouvement », explique Bourgeois-Tacquet. Elle ajoute : « J'aborde le cinéma de manière intuitive, pas théorique, mais il y a quelque chose d'un peu militant dans le fait de montrer une femme de 55 ans qui ne renonce pas du tout à ses envies érotiques. »

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Un personnage complexe

Gabrielle veut tout gérer de front – son mari la surnomme « Robocop ». « Une façon très indélicate de nier sa fragilité », commente la cinéaste. « Elle est complexe, peut paraître brutale, égoïste, parce que libre, pragmatique, mais Gabrielle se dévoue aussi corps et âme à l'hôpital public. »

Le choix de Léa Drucker

Comment la réalisatrice a-t-elle choisi Léa Drucker pour incarner son héroïne ? « J'ai eu le déclic quand j'ai vu “L'Été dernier”, de Catherine Breillat, en 2023. J'ai été impressionnée par sa façon d'incarner le trouble amoureux, le désir, l'abandon. Je l'ai contactée, elle a donné son accord, mais je l'ai attendue un an car elle s'était engagée sur plusieurs tournages, dont “Dossier 137”. » Interrogée sur la crainte que l'actrice ne se désiste, Bourgeois-Tacquet répond : « Ce n'est pas le genre de Léa Drucker. Elle est droite et fiable, j'avais confiance. »

Souvenirs d'adolescence à Royan

Adolescente à Royan, que représentait le festival de Cannes pour elle ? « J'ai commencé à suivre assidûment chaque édition à partir du moment où Isabelle Huppert est venue présenter “La Pianiste”, en 2001. J'ai une passion pour Isabelle Huppert, que j'ai découverte à 14 ans, au théâtre, à la Coursive, à La Rochelle. C'est mon admiration pour elle qui a été le premier point de contact avec le festival. En 2001, elle avait reçu le prix d'interprétation : la cérémonie avait eu lieu un jour où il faisait très beau, j'étais restée devant la télévision pour suivre le palmarès alors que tout le monde à Royan était à la plage. »

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