ORTF : le jour où la télé a caché la maladie de Pompidou
ORTF : le jour où la télé a caché la maladie de Pompidou

Le mensonge d'État autour de la santé de Georges Pompidou

Le 2 avril 1974, le président Georges Pompidou meurt peu avant 19 heures. Pourtant, le communiqué officiel annonce son décès à 21 heures. Un ultime mensonge qui illustre le secret absolu qui a entouré la maladie du chef de l'État. Les Français n'ont jamais su quelle maladie, malgré des signes physiques de plus en plus évidents, a emporté le président.

Un communiqué médical détaillé avait été rédigé, mais la famille a bloqué sa publication. Le journaliste Patrice Duhamel, dans son livre Le Crépuscule des dieux, révèle les coulisses de cette dissimulation, notamment au sein de l'ORTF, la télévision publique de l'époque.

La panique à l'ORTF le jour de la mort de Pompidou

Ce jour-là, à la première chaîne de l'ORTF, un dirigeant ouvre le placard où sont rangées les nécrologies préparées à l'avance, classées par ordre alphabétique. Entre Alain Poher, alors président du Sénat, et Elvis Presley, il n'y a rien. Pas de notice pour Pompidou !

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« Sur instruction de l'Élysée, rien n'avait été préparé », raconte Patrice Duhamel, qui était journaliste à l'ORTF. L'objectif était clair : ne pas alimenter les rumeurs sur la santé du président.

Aujourd'hui, il est difficile d'imaginer une telle situation, mais à l'époque, les contraintes techniques rendaient impossible la création rapide d'une rétrospective. Ce 2 avril 1974, c'est donc la panique. La chaîne parvient à se tirer de ce mauvais pas grâce à un stratagème invraisemblable : il se trouve que quelques jours auparavant, un documentaire sur Pompidou avait été réalisé pour une tout autre raison. Ce film est diffusé en urgence, permettant de combler le vide sans éveiller les soupçons.

Les révélations de Patrice Duhamel

Dans Le Crépuscule des dieux, Patrice Duhamel explore les maladies cachées des présidents de la République. Il montre comment le secret d'État a été utilisé pour dissimuler la vérité sur la santé de Georges Pompidou, avec la complicité des médias de l'époque. Ce récit met en lumière les mécanismes de contrôle de l'information et la manière dont le pouvoir peut influencer les médias pour préserver une image.

Cette affaire soulève des questions sur la transparence et le droit à l'information des citoyens, des enjeux toujours d'actualité.

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