Le journaliste et animateur Nicolas Demorand a présenté ses excuses ce lundi sur France Inter, après avoir tenu des propos controversés sur la bipolarité lors de sa chronique matinale. Vendredi dernier, en commentant un sujet lié à la santé mentale, il avait déclaré : « J'ignorais que la bipolarité peut s'aggraver », provoquant une vague d'indignation parmi les auditeurs et les associations de patients.
Des propos jugés minimisateurs
Dans sa chronique, Nicolas Demorand évoquait les troubles bipolaires avec une légèreté perçue comme déplacée par de nombreux auditeurs. « J'ignorais que la bipolarité peut s'aggraver », avait-il lancé, semblant sous-estimer la gravité de cette maladie psychique qui touche environ 2,5 % de la population française. Ses mots ont été interprétés comme une minimisation des souffrances vécues par les personnes atteintes de troubles bipolaires et de leurs proches.
Suite à ces réactions, le journaliste a tenu à clarifier sa position. « Je voulais dire que je ne savais pas que la bipolarité pouvait s'aggraver avec le temps ou dans certaines conditions. Ce n'était pas une remise en cause de la maladie elle-même », a-t-il expliqué lors de son émission du lundi matin. Il a également exprimé ses regrets : « Si mes propos ont pu heurter ou blesser, je vous prie de m'en excuser. »
Une réaction des associations
L'Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a salué les excuses de Nicolas Demorand, tout en rappelant l'importance d'une communication responsable sur les troubles psychiques. « Les médias ont un rôle crucial dans la déstigmatisation des maladies mentales. Des propos maladroits peuvent renforcer les préjugés et la méconnaissance du grand public », a déclaré un porte-parole de l'association.
Les troubles bipolaires, caractérisés par des alternances d'épisodes maniaques et dépressifs, sont des pathologies sévères qui nécessitent un suivi médical régulier. Ils peuvent effectivement s'aggraver en l'absence de traitement adapté, entraînant des conséquences graves sur la vie sociale et professionnelle des patients.
Cet incident relance le débat sur la manière dont les médias traitent les sujets de santé mentale. Plusieurs auditeurs ont appelé à une formation des journalistes sur ces questions, afin d'éviter que de tels propos ne se reproduisent. France Inter n'a pas encore annoncé de mesures concrètes en ce sens.
Nicolas Demorand, qui anime la matinale de la station depuis 2014, est réputé pour son ton direct et parfois provocateur. Mais cette fois, ses mots ont dépassé sa pensée, comme il l'a reconnu lui-même. « Je suis sincèrement désolé si j'ai pu blesser quelqu'un. Ce n'était pas mon intention », a-t-il conclu.



