Influenceurs menteurs : quand le buzz l'emporte sur la vérité
L'univers des réseaux sociaux est parfois le théâtre de scénarios plus proches de la fiction que de la réalité. Récemment, Cyril Schreiner, suivi par 1,5 million d'abonnés sur Instagram, a avoué avoir mis en scène le faux kidnapping de son carlin Albert après plus d'une semaine de stories mensongères. Une très mauvaise blague, comme il l'a lui-même qualifiée, qui a suscité l'indignation de sa communauté. Les réseaux ont tué vos cerveaux. C'est dramatique, peut-on lire parmi les nombreux commentaires critiques.
Une tendance inquiétante à la manipulation
Ce n'est pas la première fois que cet influenceur, qui se surnomme Cyridicule, s'adonne au mensonge. En 2020, il avait raconté avoir bouché les canalisations de son village avec des perles d'eau, un autre bobard sans fondement. Ces exemples illustrent une tendance plus large où certains créateurs de contenu semblent prêts à tout pour générer de l'engagement.
Placements de produits dissimulés, filtres trompeurs, photomontages élaborés... Tous les stratagèmes sont employés pour accumuler les likes et, in fine, assurer des revenus conséquents. Mais certains franchissent des lignes rouges, allant très loin dans la tromperie pour créer du buzz, même négatif.
Amelia Liana : la perfection factice
En 2017, l'influenceuse Amelia Liana a été critiquée pour son compte Instagram trop parfait, où elle partageait des clichés de voyages luxueux dans des palaces et restaurants gastronomiques. La révélation est venue lorsqu'elle a publié une photo prétendument prise depuis le Rockefeller Center à New York, mais où la Freedom Tower, construite quatre ans plus tôt, était absente de la ligne d'horizon.
Ce photomontage grossier a ébranlé sa crédibilité, mais après une pause et un reboot de ses réseaux, elle a repris du service et compte aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'abonnés sur Instagram et TikTok.
Lexi Hidalgo : l'artifice dévoilé
Début 2025, dans le contexte des menaces de bannissement de TikTok aux États-Unis, de nombreux influenceurs ont révélé leurs petits secrets mensongers. Lexi Hidalgo, connue pour ses vidéos coffee talk et sportives, a ainsi avoué : Je n'ai jamais bu le café que je préparais dans mes coffee talks. Elle a également reconnu n'avoir effectué que la moitié des entraînements qu'elle publiait.
Autrement dit, sa notoriété repose en grande partie sur du vent. Pourtant, elle dispose d'une communauté de 2,7 millions d'abonnés sur TikTok, ce qui soulève des questions sur l'authenticité du contenu influent.
Belle Gibson : le mensonge pathologique
L'Australienne Belle Gibson est sans doute l'influenceuse menteuse la plus célèbre, au point d'avoir inspiré la mini-série Apple Cider Vinegar. Elle a construit sa notoriété et son business sur une prétendue lutte contre un cancer du cerveau agressif, soi-disant guéri grâce à des thérapies alternatives.
Son récit était ponctué de supposés dons à des associations, mais tout s'est avéré archi-faux. Elle a finalement avoué ses mensonges et a été poursuivie en justice pour fausses déclarations concernant son état de santé et promesses de dons non tenues, aboutissant à une condamnation.
D'autres cas emblématiques
Belle Gibson n'est pas la seule à avoir inventé une maladie pour gagner en visibilité. Brittany Miller, avec 3,5 millions d'abonnés sur TikTok, s'est excusée récemment d'avoir simulé un cancer de l'estomac pendant huit ans, une vérité révélée tardivement par le Sun.
En France, l'influenceuse Sananas a créé la polémique en 2023 avec une fausse annonce de grossesse, qu'elle a rapidement démentie en affirmant vouloir dénoncer les injonctions faites aux femmes concernant la maternité. Cette initiative a divisé sa communauté, entre soutien et critiques.
Cette liste d'influenceurs menteurs n'est pas exhaustive, mais elle témoigne des moyens déployés par certains au nom du clic et du buzz. Ces dérives posent des questions cruciales sur l'éthique des créateurs de contenu et la confiance des abonnés, de plus en plus érodée par ces pratiques trompeuses.