Seize ans après la grève du bus en Afrique du Sud, la cicatrice de Knysna se rouvre violemment. Raymond Domenech, ex-sélectionneur des Bleus, a vivement réagi mercredi à la sortie du documentaire Netflix « Le Bus : Les Bleus en grève », dénonçant une trahison et un montage sensationnaliste.
Un réquisitoire contre sa personne
Le film, qui promettait une analyse inédite du traumatisme de la Coupe du Monde 2010, s’appuie notamment sur des extraits du journal intime tenu par Domenech à l’époque. Mais pour l’ancien patron de l’équipe de France, l’exercice de mémoire a viré au règlement de comptes. Dans un long communiqué publié sur X (ex-Twitter), il exprime son dégoût face à ce qu’il qualifie de « réquisitoire extraordinairement violent contre [sa] personne ».
« Je suis meurtri et trahi », écrit-il, se disant meurtri par une production qu’il accuse de n’avoir pas respecté son droit de regard. « J’ai depuis longtemps abandonné l’aigreur et ce qui se voulait une thérapie est devenu une poubelle haineuse », ajoute-t-il.
L’utilisation de ses notes personnelles en question
Le point de friction majeur réside dans l’utilisation de ses notes personnelles. Domenech souligne que ces écrits n’étaient pas destinés à être livrés tels quels au public. « Ces notes n’auraient jamais dû être publiées telles quelles », martèle-t-il, expliquant qu’elles permettaient à l’époque de maintenir en vie un homme « accablé de toutes parts » sous une pression « déraisonnable ».
L’ancien sélectionneur ne mâche pas ses mots envers les réalisateurs, les accusant d’avoir préféré « le soufre et la malhonnêteté » à la rigueur de l’investigation. Selon lui, le montage final vise uniquement à « remuer la merde » pour l’audimat.
« Je tiens ici à me désolidariser de toutes mes forces de ce documentaire dont la vulgarité et le sensationnalisme n’ont d’égal que son absence de déontologie », ajoute-t-il.
Une polémique qui relance le débat médiatique
Cette polémique relance le débat sur le traitement médiatique de Knysna, alors que Netflix signe ici l’un de ses plus gros lancements sportifs de l’année. Malgré la virulence de sa charge, Raymond Domenech a tenu à remercier ses soutiens face à cette « tempête injuste », concluant sur une note émotionnelle forte en évoquant un « viol de [son] âme ».



