L'École supérieure d'art du Nord-Pas-de-Calais (ESAN), dernière école des beaux-arts des Hauts-de-France, est menacée de fermeture. Cette institution, située à Tourcoing, forme chaque année des centaines d'étudiants aux métiers de l'art et du design. La raison : un désengagement financier des collectivités locales, notamment de la région et de la métropole lilloise.
Un avenir incertain pour l'ESAN
Fondée en 1972, l'ESAN est un pilier de la formation artistique dans le nord de la France. Elle propose des diplômes allant du DNA (diplôme national d'art) au DNSEP (diplôme national supérieur d'expression plastique). Mais depuis plusieurs années, son budget est en berne. En 2024, la région a réduit sa subvention de 30 %, et la métropole européenne de Lille (MEL) a annoncé une baisse de 15 % pour 2025. Résultat : un déficit de 400 000 euros prévu pour l'année prochaine.
Mobilisation des étudiants et des enseignants
Face à cette situation, les étudiants et le personnel de l'école se mobilisent. Une pétition en ligne a recueilli plus de 5 000 signatures en une semaine. Des manifestations ont eu lieu devant le rectorat et les locaux de la région. "C'est une question de survie pour notre école et pour la culture dans la région", déclare Léa, étudiante en troisième année. Les enseignants, eux, dénoncent un manque de vision politique : "L'art est toujours le parent pauvre des budgets publics", regrette un professeur sous couvert d'anonymat.
Des conséquences désastreuses pour le territoire
Si l'ESAN venait à fermer, ce serait un coup dur pour le dynamisme culturel des Hauts-de-France. L'école est un vivier de talents et participe à l'attractivité de la métropole lilloise. De nombreux artistes locaux sont issus de ses rangs. "Sans l'ESAN, ce sont des centaines de jeunes qui devront quitter la région pour poursuivre leurs études", alerte le collectif de défense de l'école.
Appel aux élus
Les syndicats et les associations étudiantes appellent les élus locaux à revenir sur leurs décisions. Une réunion de crise est prévue dans les prochains jours avec la présidente de la région et le maire de Tourcoing. L'enjeu est de trouver des solutions de financement pérennes. "Nous ne lâcherons rien", assure le collectif.
Cette situation rappelle celle d'autres écoles d'art en France, qui peinent à survivre dans un contexte de restrictions budgétaires. Pour les étudiants, l'heure est à la mobilisation, avec l'espoir que la culture ne soit pas sacrifiée sur l'autel des économies.



