Dans une tribune incisive, Daniel Schneidermann dresse un constat alarmant sur l'état de l'imaginaire collectif français. Selon lui, deux phénomènes récents illustrent cette dégradation : l'emprise croissante de Vincent Bolloré sur les médias et la sortie de la bande dessinée de François Ruffin.
L'ombre de Bolloré sur les écrans
Le milliardaire breton, déjà propriétaire de Canal+, de CNews et de nombreux autres médias, étend son influence. Schneidermann dénonce une mainmise qui uniformise la pensée et réduit la diversité des opinions. Les journalistes, sous pression, n'osent plus critiquer le pouvoir en place. Cette concentration des médias entre les mains d'un seul homme menace le pluralisme et la démocratie.
Une BD qui fait polémique
François Ruffin, député de la France insoumise, a récemment publié une bande dessinée intitulée « Il est où, le bonheur ? ». Schneidermann y voit un symptôme de la déliquescence de l'imaginaire collectif. La BD, qui mêle autobiographie et pamphlet politique, est accusée de simplifier à outrance les enjeux sociaux et de tomber dans la caricature.
L'auteur de la tribune s'interroge : comment l'imaginaire collectif peut-il se renouveler quand les médias sont aux mains d'un oligarque et que les opposants politiques utilisent des formats populaires pour diffuser des messages simplistes ?
Un appel à la résistance culturelle
Schneidermann appelle à une prise de conscience. Il propose de soutenir les médias indépendants, de favoriser la création artistique plurielle et de résister à la standardisation des contenus. Pour lui, l'avenir de la démocratie passe par la reconquête de notre imaginaire collectif.
Cette tribune, publiée dans Libération, a suscité de vives réactions. Certains y voient une critique acerbe mais nécessaire, d'autres la jugent trop pessimiste. Une chose est sûre : le débat sur l'influence des médias et des politiques sur notre culture est plus que jamais d'actualité.



