L'achat de scientifiques par les industriels pour des études biaisées
Achat de scientifiques par les industriels

Depuis les années 1950, une pratique douteuse s'est installée dans le monde de la recherche : des industriels achètent des scientifiques pour produire des études qui servent leurs intérêts. Ces études, présentées comme sérieuses, sont en réalité fabriquées de toutes pièces pour semer le doute sur des sujets sensibles comme le tabac, le climat ou la santé.

Une méthode héritée du tabac

L'exemple le plus emblématique remonte à 1954, lorsque l'industrie du tabac a publié la « Frank Statement », une déclaration affirmant que ses produits étaient sans danger, malgré les premières preuves du lien entre tabagisme et cancer du poumon. Les cigarettiers ont alors inondé le marché de publicités montrant des médecins cigarette à la main, créant une illusion de crédibilité. Cette stratégie a été reprise par d'autres secteurs, notamment les pesticides, l'alcool et les énergies fossiles.

Selon une étude de 2021, le groupe Total connaissait déjà dans les années 1970 les effets de sa production sur l'environnement, mais a choisi de financer des recherches pour minimiser l'impact. Ce procédé, appelé « fabrique du doute », consiste à multiplier les études contradictoires pour brouiller les certitudes scientifiques.

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Les techniques de manipulation

Les industriels utilisent plusieurs techniques pour discréditer la science établie. Ils critiquent systématiquement les méthodes statistiques des recherches gênantes, remettent en cause le consensus scientifique et font appel à des personnalités reconnues mais complaisantes. Un exemple célèbre est celui du géologue Claude Allègre, qui a falsifié des graphiques dans son livre « L'imposture climatique » pour nier le réchauffement climatique.

La recette est simple : produire un flot d'études douteuses, utiliser des experts médiatiques et attaquer la crédibilité des travaux sérieux. Ainsi, certaines publications affirment que le vaccin ARN messager contre le Covid-19 a causé une hausse de mortalité en France, ce qui est absolument faux. Ces articles sont rédigés par des « experts » grassement payés par des industriels avides de poursuivre leurs activités lucratives.

Comment repérer une étude biaisée

Pour se prémunir de ces manipulations, il est essentiel de vérifier le nombre de participants à l'étude et l'institut de recherche qui la publie. Si des industriels financent la recherche, il convient d'être prudent. Les études financées par des lobbies ont tendance à minimiser les risques et à exagérer les bénéfices de leurs produits.

L'émission « Tant d'écrans », diffusée sur 20 Minutes TV, a consacré un épisode à ce phénomène. Présentée comme une plongée dans les dernières tendances du web, elle aborde également des sujets de société comme la désinformation scientifique. Disponible tous les derniers vendredis du mois à 18h30 sur le canal 32 de la TNT en Île-de-France et sur les box (Free : 910, Orange : 349, Bouygues : 300, SFR : 461), ainsi que sur www.20minutes.tv, l'émission offre un regard critique sur les contenus viraux.

Un enjeu démocratique

Cette pratique d'achat de scientifiques n'est pas seulement un problème éthique ; elle a des conséquences sur la santé publique et les politiques environnementales. En semant le doute, les industriels retardent les régulations nécessaires et maintiennent des activités nocives. La vigilance des citoyens et des médias est cruciale pour contrer cette désinformation.

En résumé, il est impératif de croiser les sources, de vérifier les financements et de se méfier des études qui vont à l'encontre du consensus scientifique sans preuves solides. La transparence dans la recherche est la clé pour protéger le public contre les manipulations.

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