Tristan Mathieu : « Le polar, quel meilleur genre pour traiter la violence politique ? »
Tristan Mathieu : le polar pour traiter la violence politique

Le jeune historien lotois, auteur de la très remarquée saga « 1800 », publie un nouveau roman plein de rebondissements qui nous entraîne dans le cœur occulte du pouvoir napoléonien. « L’Affaire Joséphine » est le troisième volet de votre série de polars historiques qui se déroulent dans le Paris de 1800. Quelle est l’intrigue de cette nouvelle enquête ?

Une intrigue au cœur du pouvoir

Le récit de ce volet se concentre sur la situation explosive qui fait suite à l’arrestation des coupables de l’attentat à la bombe de la Rue Saint-Nicaise, le 24 décembre 1800. Le Premier Consul Bonaparte a manqué d’être assassiné et, désormais, les couteaux s’aiguisent autour du général, particulièrement contre sa femme Joséphine dont le passé sulfureux menace de ressurgir. Son livre « 1800 – La Main de dieu » a aussi été finaliste du prix littéraire Napoléon Ier.

Mes deux héros, Armand et Julie, se retrouvent une fois de plus mêlés aux intrigues des puissants, l’un malgré lui au service du terrible ministre de la Police Fouché et l’autre à la rescousse de la femme du Premier Consul, dont la confortable position est en train de vaciller. L’action se déroule durant les négociations du Concordat entre la papauté et le consulat de Bonaparte.

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Le Concordat comme toile de fond

Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette période ? Outre le fait que le Concordat était la suite logique à traiter de l’épopée napoléonienne, ce bras de fer intense entre le pouvoir politique et religieux s’est aussi avéré le cadre parfait afin d’élargir l’horizon des personnages et de l’intrigue. Désormais ce n’est plus seulement Paris et la France dont le destin est en jeu mais celui de toute l’Europe qui tremble à l’idée d’une nouvelle guerre entre monarchies absolues et héritiers de la sanglante Révolution. Le jeu d’espionnage et de diplomatie entre la papauté et le Consulat sert ainsi de parfaite toile de fond afin de présenter la situation européenne du début du XIXe siècle, où l’on pense encore pouvoir sauver la paix alors que le conflit est déjà inévitable.

Des personnages historiques incarnés

Fouché, Talleyrand ou Joséphine sont ici des personnages de premier plan. Comment avez-vous travaillé pour leur donner une véritable incarnation ? Comme toujours avec le roman historique, c’est avant tout un long travail de recherche des sources d’époque ainsi que de lectures assidues des nombreuses biographies consacrées à ces grands personnages. À partir de là, l’idée de l’identité et du comportement de chacun d’eux se précise, et au fil des ouvrages, ils finissent par avoir leur propre spécificité qui les rend immédiatement reconnaissables tout en restant parfaitement crédibles par rapport aux personnages réels. L’invention propre au roman ne fait donc qu’extrapoler ce qu’aurait fait un Talleyrand ou une Joséphine dans une situation donnée, non sans souvent s’inspirer d’actions bien connues desdits personnages faites en des temps et des lieux différents.

Pourquoi le roman pour parler de Napoléon ?

Vous êtes historien, spécialiste de la Révolution française. Pourquoi avez-vous choisi le roman pour parler de la période napoléonienne ? Le règne napoléonien, qui dure près de quinze ans, m’a paru être la période parfaite afin de développer une saga historique car c’est là un moment de transition majeur de l’histoire française et européenne, le foisonnement d’événements étant autant de fascinantes histoires à traiter de manière créative. Le polar s’est par là même avéré une évidence, quel meilleur genre littéraire pour traiter une période marquée par la violence politique et la guerre ? Dans les prochains volumes, elle va d’ailleurs s’avérer centrale, car c’est désormais au son des tambours des armées qu’Armand et Julie vont continuer leurs aventures à travers l’Europe en guerre.

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Dans la tourmente de l’histoire

Jeune chercheur spécialiste de la Révolution et de l’Empire, Tristan Mathieu est né dans le Figeacois à la frontière de l’Aveyron. Après des études d’histoire militaire et révolutionnaire à la Sorbonne, il a regagné son sud-ouest natal, et vit dans un petit village du Lot. « 1800 – L’Affaire Joséphine » reprend tous les ingrédients – action, complots et intrigues dans la tourmente de l’Histoire – qui ont fait le succès des deux premiers tomes : « 1800 – La Main de sang », et « 1800 – La Main de dieu ». Avec Tristan Mathieu, l’Histoire de France se transforme en thriller et on ne s’ennuie pas une seconde. « 1800 – L’Affaire Joséphine », éditions Presses de la Cité, 22 €, 320 pages.