Stricto Sangsues : le nouveau polar noir et drôle de Frédéric Villar
Stricto Sangsues : le nouveau roman noir de Frédéric Villar

Sur fond de trafic de sang, le nouvel opus de Frédéric Villar réunit tout ce qui fait l’originalité de cet auteur de romans noirs bordelais. On retrouve son univers familier : la banlieue, la cité, les centres commerciaux, et la rencontre de deux personnages que tout oppose. D’un côté, un voyou au grand cœur – enfin, pas tant que ça – et de l’autre, un commercial fatigué par la brutalité du monde des grandes surfaces. La trame sociale est bien présente, tout comme la critique d’un système impitoyable. Au cœur de l’intrigue, un trafic de sang dont les victimes sont de jeunes paumés. Le décor ? Bordeaux et sa métropole.

Un style unique et reconnaissable

Frédéric Villar possède un style très personnel, reconnaissable dès les premières lignes : un langage direct, des phrases courtes, du rythme et un sens aigu de la « punch line ». Mais l’auteur ne manque pas d’empathie pour ses personnages, même si tous ne bénéficient pas de cette indulgence. Dans ce nouveau roman, il reprend les ingrédients qui ont fait le succès de « La Cuenta », son précédent roman publié en 2024. Le cocktail est détonant, explosif : du cru, du dur, du sanguinolent, de l’alcoolisé, mais aussi du sensible et de l’empathie.

Un trio singulier et attachant

Le lecteur suit Manu, un voyou ex-taulard capable de culpabiliser – « et quand un voyou culpabilise, il est très mal barré », dit-il. Il y a aussi Thierry, le commercial à la Renault Laguna dont le destin bascule après une rencontre brutale avec Manu. Et Zohra, une prostituée « belle comme une reine de cœur », ancienne petite amie de Raphaël, le pote d’enfance de Manu, dont la mort par pendaison s’avère douteuse. En enquêtant sur ce pseudo-suicide, ce trio singulier et attachant met au jour l’impensable.

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Humour noir omniprésent

Autre caractéristique du style Villar : l’humour, omniprésent et multiforme. Le désopilant premier chapitre, dont l’action se déroule dans un club libertin, donne le ton d’un roman tout aussi noir que drôle. « Stricto Sangsues » est un polar qui mêle habilement critique sociale, suspense et humour, confirmant le talent de Frédéric Villar pour renouveler le genre.

« Stricto Sangsues », de Frédéric Villar, éd. Cairn, 240 p., 13 €.

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