La réalisatrice Salomé Da Souza, originaire de Vézénobres, tourne actuellement Rabinar, un court-métrage de 26 minutes, présenté au printemps prochain aux Gardois. Le film, qui signe la fin de résidence à l'école nationale supérieure des métiers de l'image et du son (Femis à Paris) de cette autodidacte, sera projeté à la Cinémathèque française avant sa présentation au public gardois.
Un tournage dans le Gard, entre Deaux et Vézénobres
Ce lundi, au secret d'un rond-point du village de Deaux, se tourne, sous un soleil de plomb, l'ultime scène dont la lecture sera laissée libre à chacun. Un clap de fin comme une forme de réponse à un déracinement aux racines traçantes d'interrogation. La réalisatrice, née en 1995 à Nîmes, a posé ses caméras dans la région afin de tourner cette œuvre, une auto-fiction pour faire vibrer un sud brûlant de ses tempêtes sentimentales.
Le terme occitan Rabinar signifie brûler, afin d'offrir un tableau intime et provocant. Un sud débarrassé de ses références d'Épinal, adieu cigales et côte azuréenne, afin de chanter le drame d'une passion : le retour au pays d'Electra, interprété par Salomé Da Souza, et sa reconquête d'un amour passé, Enzo, joué par Idir Azougli, dont le cœur, en son absence, s'est promis à une autre femme.
Un Sud chargé de symboles et de mélancolie
« C'est mon Sud, tel que je l'ai vécu et le vois toujours, chargé de ses symboles, avertit Salomé Da Souza. Les fêtes votives, l'accent, le tissu provençal et son histoire, le côté sanguin des gens qui partent au 1/4 de tour. C'est une identité qu'il faut apprécier de bout en bout, avec un passé. »
« J'ai grandi ici et depuis huit ans, je suis à Paris, confie la réalisatrice. Je me demande ce que je serais devenu si j'étais resté ici. C'est une manière de filmer le rejet d'une terre que l'on adore et que l'on fantasme toute l'année. Cette jeune femme est dans le doute, avec une espèce de mélancolie car le seul qui pouvait la guider dans ce retour, c'est son premier amour. » Un amour qui s'écrit en trois lettres capitales pour Salomé Da Souza : SUD.
Un film enraciné dans l'histoire personnelle de la réalisatrice
Derrière la caméra mais aussi devant, la jeune femme insuffle de la vie par l'image aux incarnations d'un pays qui fut, et demeure le sien. Le film est tissé de témoignages d'amitié. De nombreux figurants se sont impliqués : la manade Leron pour les scènes avec taureaux, les grands-parents de Salomé Da Souza jouant leur propre rôle, son père, dans le réglage des cascades à moto.
Ce film, produit par Pauline Lamy, une petite-cousine d'Alexandra et Audrey Lamy, en fin de formation à la Femis en filière production, fait aussi la part belle aux jeunes professionnels ou étudiants de La Fémis, Louis-Lumière ou la Cinéfabrique de Lyon. Une projection au printemps 2021 permettra aux Gardois de découvrir cette œuvre intime et provocante.



