Catherine Pégard défend la rénovation du Louvre et la holding pour l'audiovisuel public
Pégard: sécurité renforcée au Louvre et holding maintenue

La ministre de la Culture précise ses priorités pour le Louvre et l'audiovisuel public

Dans sa première interview depuis sa nomination fin février, Catherine Pégard, la nouvelle ministre de la Culture, a exposé lundi 30 mars ses orientations pour deux dossiers majeurs : le plan de rénovation du Louvre et la réforme de l'audiovisuel public. Successeure de Rachida Dati, elle affiche une volonté de renforcer la sécurité du musée parisien tout en maintenant l'idée d'une holding commune pour le service public, malgré un contexte budgétaire contraint.

Le plan Louvre Nouvelle Renaissance réévalué

Évalué à plus d'un milliard d'euros, le plan Louvre Nouvelle Renaissance, annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, prévoit la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde. Mis entre parenthèses depuis un cambriolage, ce projet « conserve toute sa nécessité pour que le Louvre soit présent dans ce XXIe siècle, comme il a été dans le XXe, comme le plus grand musée du monde », a estimé Catherine Pégard sur France Inter.

La ministre a toutefois annoncé des ajustements : « Nous allons travailler à aménager probablement certains aspects de ce plan, à en renforcer d'autres, peut-être à préciser le cahier des charges pour intégrer davantage les questions de sûreté et de sécurité. » Elle entend ainsi mettre « la sécurité et la sûreté peut-être plus en avant qu'on ne l'avait fait », tout en « racontant la magnificence du Louvre de demain ». Ce plan a déjà connu un premier accroc avec le report sine die en février de la désignation du groupement d'architectes chargé du volet réaménagement.

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Des contraintes budgétaires significatives

Catherine Pégard a reconnu que son action sera limitée par les restrictions budgétaires, qui ont déjà conduit à réduire de 173,4 millions les crédits accordés à la Culture cette année (sur 3,7 milliards d'euros hors audiovisuel). « Il est évident que ça va être extrêmement difficile parce que nous devons participer à l'effort commun », a-t-elle expliqué, assurant qu'elle essayait déjà de « sanctuariser » le budget actuel pour 2027 et de « grappiller ici et là quelques subventions supplémentaires dont nous avons besoin d'urgence ».

Elle a également assuré vouloir faire du temps qui reste avant la présidentielle de 2027 une « année utile » pour la culture, « utile pour ouvrir la culture à tous, mais utile aussi pour les artistes ».

La holding pour l'audiovisuel public maintenue comme objectif

Sur le dossier de l'audiovisuel public, Catherine Pégard a estimé qu'il n'y aura pas de loi réformant le secteur dans les prochains mois, mais que le projet de holding commune pour France Télévisions, Radio France et l'INA ne doit pas être « abandonné ». Cette réforme était l'un des chevaux de bataille de sa prédécesseure, Rachida Dati, qui n'est pas parvenue à la faire aboutir.

« Je pense qu'elle (la réforme) n'est pas pour les prochains mois. Je pense qu'il ne faut pas abandonner l'idée de cette holding », a déclaré la ministre, soulignant que le texte n'était pas à l'ordre du jour du Parlement. « Plutôt que de s'interroger sur les structures, sur lesquelles à l'évidence on peine à trouver un consensus, il faut plutôt penser à améliorer le fonctionnement du service public », qui est « notre bien commun », a-t-elle ajouté.

Elle a discuté avec les dirigeants de l'audiovisuel public et indiqué que sa mission est de « poursuivre les consultations, reprendre le dialogue » et « fixer une nouvelle ambition au service public ».

Critiques envers la commission d'enquête parlementaire

Interrogée sur la commission d'enquête en cours à l'Assemblée nationale sur le financement et la neutralité de l'audiovisuel public, Catherine Pégard s'est montrée très critique : « Je trouve qu'il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener ces débats ». « Dès que je vois des lieux où l'on s'invective de cette façon, je trouve qu'on ne fait gagner ni la démocratie, ni le regard que l'on peut porter sur les uns et les autres ».

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Créée à la demande de l'UDR d'Éric Ciotti, parti allié du Rassemblement national qui prône la privatisation de l'audiovisuel public, cette commission d'enquête a connu de nombreux incidents et ses travaux se sont déroulés dans un climat souvent tendu. Ses auditions doivent s'achever début avril.