Nicolas Demorand : le polar pour sortir du noir, par Philippe Lançon
Nicolas Demorand : le polar pour sortir du noir

Dans un texte poignant publié dans Libération, l'écrivain et journaliste Philippe Lançon rend hommage à Nicolas Demorand, figure du journalisme français, décédé récemment. Il évoque leur amitié et la passion commune pour le roman policier, que Demorand considérait comme un antidote à la morosité ambiante.

Une amitié forgée dans les mots

Philippe Lançon se souvient de leurs longues discussions sur la littérature, notamment sur le polar, ce genre souvent méprisé mais qui, selon Demorand, permettait de « sortir du noir » en affrontant les ténèbres de manière cathartique. Pour Demorand, le polar n'était pas un simple divertissement, mais une manière de comprendre le monde, de mettre en scène ses violences et ses contradictions.

Le polar comme refuge

Lançon explique que Demorand, confronté à la dureté de l'actualité qu'il devait traiter chaque jour, trouvait dans la lecture de polars un exutoire. Les intrigues complexes, les personnages ambigus et les résolutions souvent imparfaites lui offraient une forme de réconfort. « Il aimait les romans noirs parce qu'ils ne mentent pas sur la nature humaine », écrit Lançon.

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Un hommage à la culture du polar

L'article est aussi un plaidoyer pour la reconnaissance du polar comme genre littéraire à part entière. Lançon cite plusieurs auteurs chers à Demorand, comme Jean-Patrick Manchette, Fred Vargas ou encore James Ellroy, dont les œuvres explorent les zones d'ombre de la société. Pour Demorand, ces livres étaient des « machines à penser » qui aidaient à déchiffrer le réel.

Des souvenirs personnels

Lançon partage des anecdotes personnelles, comme leur passion commune pour les séries télévisées policières ou leurs débats sur les adaptations cinématographiques. Il décrit un homme curieux, exigeant, mais aussi d'une grande générosité intellectuelle. « Nicolas ne jugeait jamais les goûts des autres, il cherchait toujours à comprendre ce qui nous attirait dans ces histoires de crimes et d'enquêtes. »

Un legs littéraire

Au-delà de l'hommage, Philippe Lançon souligne l'importance de transmettre cet amour du polar aux jeunes générations. Il rappelle que Nicolas Demorand avait contribué à populariser le genre à la radio et dans ses chroniques, en mettant en lumière des auteurs méconnus. « Il nous manquera, mais ses conseils de lecture resteront. »

Ce texte, à la fois intime et universel, célèbre la capacité de la littérature à offrir des échappatoires, même face à l'adversité. Une leçon de vie et de lecture.

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