Le premier roman de l'écrivaine argentine Mariana Enriquez, intitulé La Descente (titre original : Bajar es lo peor), paraît enfin en français, vingt-huit ans après sa publication originale en 1995. Ce texte, qui a marqué les débuts d'une autrice devenue incontournable dans le paysage littéraire latino-américain, nous plonge dans les nuits de Buenos Aires, entre délices et dangers.
Un roman précoce et sombre
Mariana Enriquez avait à peine 22 ans lorsqu'elle a écrit La Descente. Ce roman, qui a connu un succès critique en Argentine, explore les zones d'ombre de la jeunesse, la marginalité et la violence latente dans une société en crise. L'histoire suit un groupe de jeunes gens qui errent dans les rues de Buenos Aires, à la recherche de sensations fortes et de sens, mais aussi confrontés à leurs propres démons.
Le titre original Bajar es lo peor (littéralement "Descendre est le pire") évoque cette descente aux enfers, physique et psychologique, que vivent les personnages. L'autrice, connue pour son style gothique et ses récits d'horreur sociale, pose déjà les bases de son univers littéraire : une fascination pour le macabre, le surnaturel et les marges de la société.
Une traduction attendue
La traduction française, signée par Anne Plantagenet, permet enfin aux lecteurs francophones de découvrir cette œuvre de jeunesse. Alors que Mariana Enriquez est désormais célèbre pour ses recueils de nouvelles comme Les Dangers de fumer au lit ou Ce que nous avons perdu dans le feu, ce premier roman éclaire les racines de son inspiration.
Les critiques saluent une prose brute, parfois maladroite, mais d'une intensité rare. "C'est un roman qui ne fait pas de cadeaux, qui plonge dans le pire de l'humain avec une lucidité dérangeante", écrit le journal argentin Página 12. La nuit de Buenos Aires, avec ses bars louches, ses ruelles sombres et ses personnages interlopes, devient un personnage à part entière.
Buenos Aires, ville de tous les dangers
Le roman est aussi un portrait saisissant de Buenos Aires dans les années 1990, une ville marquée par la crise économique et la fin de la dictature. Les nuits de la capitale argentine sont à la fois un espace de liberté et de danger, où tout peut arriver. Mariana Enriquez décrit avec précision les lieux emblématiques de la nuit portègne : les cafés de l'Avenida Corrientes, les discothèques de Palermo, les quartiers populaires de La Boca.
Pour les amateurs de l'autrice, La Descente est une pièce manquante du puzzle. Il permet de comprendre comment s'est construit son univers si particulier, où le réel et le fantastique se mêlent. Pour les nouveaux lecteurs, c'est une porte d'entrée vers une œuvre puissante et singulière.
La publication de ce roman est un événement pour la littérature argentine en France. Il vient s'ajouter à une liste déjà riche de traductions d'autrices et auteurs argentins contemporains, confirmant l'intérêt du public français pour cette littérature.



