Dans un entretien publié par Libération, l'écrivain Laurent Mauvignier livre une réflexion profonde sur les relations entre le cinéma et la littérature. Selon lui, le cinéma est un rêve de la littérature, une projection onirique qui permet d'explorer des dimensions inaccessibles par les mots seuls.
Une vision poétique du septième art
Mauvignier, auteur de romans acclamés comme Des hommes ou Autour du monde, voit dans le cinéma une forme d'extension de la littérature. Il explique que les images en mouvement offrent une liberté narrative différente, mais complémentaire. Pour lui, le cinéma ne remplace pas la littérature, il la prolonge.
L'écrivain souligne que l'adaptation cinématographique n'est pas une traduction littérale, mais une réinterprétation créative. Il cite l'exemple de son roman Des hommes, adapté au cinéma par Lucas Belvaux. Mauvignier a été impressionné par la manière dont le réalisateur a su capturer l'essence du livre tout en apportant sa propre vision.
Le rêve comme métaphore
Pour Mauvignier, le cinéma fonctionne comme un rêve : il nous transporte dans un univers où les règles habituelles sont suspendues. Cette métaphore lui permet d'expliquer pourquoi certains livres résistent à l'adaptation : ils sont trop ancrés dans la subjectivité du lecteur. En revanche, d'autres se prêtent merveilleusement au grand écran.
L'auteur insiste sur l'importance de la collaboration entre écrivains et cinéastes. Il refuse l'idée d'une hiérarchie entre les arts, préférant voir une complémentarité. Le cinéma peut donner une nouvelle vie à un texte, le faire découvrir à un public plus large.
Une réflexion sur la narration
Mauvignier aborde également la question du temps dans les deux médiums. En littérature, le temps est maîtrisé par le lecteur, qui peut revenir en arrière. Au cinéma, le temps est imposé, mais le montage permet des ellipses et des retours en arrière. Chaque art a ses propres codes, et c'est cette différence qui enrichit la création.
L'écrivain conclut en affirmant que le cinéma est un rêve de la littérature, car il permet de visualiser ce qui n'était qu'imaginé. Mais il rappelle que la littérature reste fondamentale : elle est la matrice de ces rêves. Sans les mots, point d'images.
Cette réflexion de Laurent Mauvignier invite à repenser les frontières entre les arts et à célébrer leur dialogue fécond.



