Marie-Hélène Lafon poursuit son exploration littéraire de l'Auvergne
Dans son dernier ouvrage Hors champ, publié aux éditions Buchet-Chastel, Marie-Hélène Lafon continue de tisser les fils d'une chronique intime profondément enracinée dans les paysages auvergnats. Ce livre de 176 pages, disponible au prix de 19,90 euros en version papier et 14 euros en format numérique, s'inscrit dans la continuité d'une œuvre où la géographie et la mémoire familiale se mêlent inextricablement.
La Santoire, rivière symbolique et fil conducteur
La rivière Santoire, qui prend sa source au pied du col de Cabre vers 1 600 mètres d'altitude, constitue un élément central de l'univers littéraire de l'auteure. Ce cours d'eau, décrit comme âpre et secret, traverse et méandre à travers toute son œuvre. La Santoire n'est pas seulement un élément du paysage, elle est devenue au fil des publications un véritable personnage littéraire, presque un pseudonyme pour l'écrivaine elle-même.
Marie-Hélène Lafon explique comment ce nom a failli devenir son nom de plume lors de la publication de son premier roman Le Soir du chien en 2001, avant d'être attribué à la lignée de paysans des Derniers Indiens en 2008. La rivière apparaît ensuite discrètement d'un texte à l'autre, jusqu'à donner son nom à Claire, l'alter ego de l'auteure dans Les Pays en 2012.
Une boucle narrative personnelle qui se poursuit
Hors champ s'inscrit dans cette continuité narrative très personnelle que l'auteure développe depuis plus de deux décennies. Après Les Sources en 2023, qui marquait un retour sur l'enfance et les origines, et les deux nouvelles du recueil Vie de Gilles en 2025, ce nouvel ouvrage poursuit l'exploration des morceaux de vie qui passent et s'éloignent progressivement.
L'écrivaine décrit son travail comme une chronique des existences qui se déroulent en marge, hors du champ principal de l'attention, mais qui n'en sont pas moins essentielles pour comprendre la complexité des relations humaines et leur ancrage dans un territoire spécifique.
L'Auvergne comme paysage littéraire
Le cadre auvergnat, avec ses hivers rudes et ses printemps tardifs, n'est pas qu'un simple décor dans l'œuvre de Marie-Hélène Lafon. Le climat influence profondément la narration, tout comme l'écir, ce vent de neige caractéristique qui vient poudrer de blanc les jeunes pousses et les premiers narcisses au moment où l'on commence à croire au retour des beaux jours.
Cette relation complexe entre les personnages et leur environnement naturel crée une tension narrative particulière, où la dureté du paysage contraste avec la délicatesse des émotions humaines qui s'y déploient. L'auteure excelle à décrire ces interactions subtiles entre l'homme et la nature, entre la mémoire individuelle et l'histoire collective d'un territoire.
À travers Hors champ, Marie-Hélène Lafon confirme son statut d'observatrice minutieuse des vies ordinaires et des paysages qui les façonnent, poursuivant avec constance son exploration littéraire de l'Auvergne et de ses habitants.



