Yasmina Khadra dénonce la tragédie palestinienne dans son nouveau roman engagé
Khadra : un roman engagé sur la Palestine

Yasmina Khadra rompt le silence sur la Palestine dans un roman puissant

Dans son dernier ouvrage, l'écrivain algérien Yasmina Khadra plonge au cœur de la tragédie palestinienne, dépeignant une terre autrefois sainte, désormais marquée par les larmes et le sang. Le Prieur de Bethléem se présente comme un récit d'une intensité rare, où la fiction sert de miroir à une réalité brutale et souvent ignorée.

Une intrigue captivante autour d'un éditeur parisien

L'histoire s'articule autour d'un éditeur parisien, patron d'une maison d'édition, qui se retrouve séquestré par un moine palestinien. Ce dernier, habité par une question lancinante, cherche à comprendre pourquoi l'éditeur, quelques années auparavant, a abattu une femme d'un tir à bout portant, simplement parce qu'elle l'a défié du regard. Le manuscrit du moine, initialement rejeté sans même être lu, devient l'objet d'une confrontation forcée, obligeant l'éditeur à écouter le récit de Wahid, le moine, et à découvrir l'histoire personnelle et collective de la Palestine.

Pour Yasmina Khadra, le silence et l'indifférence face à l'horreur sont les pires complices. L'auteur, qui a lui-même connu les horreurs de la guerre au sein de l'armée algérienne, affirme que les silences nous rendent complices, et il a décidé de les briser pour « éclairer les consciences ». Après Cœur-d'amande en 2024, où l'amour et la solidarité triomphaient, Khadra revient à ses fondamentaux d'une littérature profondément engagée, comme dans Les Hirondelles de Kaboul ou L'Attentat.

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Un cri de rage et d'amour pour une terre meurtrie

Le roman est empreint d'une colère sourde et d'une tristesse profonde face à l'injustice et au drame palestinien. Khadra évoque une Palestine jadis décrite comme « l'orgasme des plénitudes, le pays des senteurs délicates, du raisin de Hébron et des jardins fleuris à longueur d'année », une terre que « les divas de l'Orient chantaient plus fort que les hymnes ». Aujourd'hui, elle est devenue un lieu où « la vérité a appris à mentir » et où « les rêves meurent avant d'être exaucés ».

Malgré cette noirceur, l'auteur n'a pas perdu tout espoir. Le Prieur de Bethléem est présenté comme un cri de rage et d'amour, où la poésie qui embaume chaque page ne peut être vaine. Khadra laisse entrevoir la possibilité d'un avenir pour les enfants de Palestine, affirmant que « la vie est au-dessus de tout » et que, un jour, les bombes se tairont.

Ce roman engagé, publié aux éditions Flammarion, compte 272 pages et est disponible au prix de 21 € en version papier, et 14,99 € en ebook. Il s'inscrit dans la lignée des œuvres qui cherchent à donner une voix aux sans-voix et à réveiller les consciences face aux conflits oubliés.

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