La gare de Monaco transformée en salle de classe pour une dictée littéraire sur les océans
Ce mercredi 25 mars, la gare de Monaco Monte-Carlo s'est métamorphosée en une salle de classe insolite pour accueillir la première édition de la « dictée en gare » en Principauté. Organisé par France Culture et SNCF Gares & Connexions, cet événement a rassemblé curieux, visiteurs et passionnés d'écriture, tous crayon en main, pour affronter un texte extrait de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne.
Un thème maritime naturel pour Monaco
L'écrivain Rachid Santaki, surnommé « Monsieur Dictée » pour avoir animé plus de 300 exercices similaires, a présenté le texte en préambule avec Frédéric Couderc, responsable des éditions de l'Institut océanographique de Monaco. « Le thème s'est imposé assez simplement », explique Rachid Santaki. « La mer et l'océan ont servi de base pour préparer l'éditorialisation de cette journée. Une fois que nous avions le thème, il a suffi d'aller piocher dans les textes ».
Trois lectures pour une dictée vivante
Le déroulé de l'exercice était précisément orchestré :
- Une première lecture naturelle par Frédéric Couderc pour contextualiser le texte
- Une lecture mot à mot par Rachid Santaki
- Une dernière lecture ponctuée à nouveau par l'intervenant monégasque
Cette approche permet, selon l'animateur, de « donner un bon relief » à un exercice qui pourrait paraître anecdotique ou rébarbatif. Sur les tables, les participants affichaient des visages concentrés pour éviter les pièges orthographiques.
Une difficulté mesurée mais instructive
À la sortie, le ressenti général était celui d'une difficulté mesurée. Le texte comportait quelques pièges pour réveiller les réflexes de grammaire, mais l'ensemble a été jugé « accessible » par le lecteur et plusieurs participants. Claire, 75 ans, se réjouissait : « Nous sommes tombés sur un mot que je ne connaissais pas, donc on apprend toujours ».
L'écriture manuscrite à l'ère de l'intelligence artificielle
Pour Rachid Santaki, la dictée dépasse le simple jeu de nostalgie scolaire. « Maîtriser l'orthographe et le vocabulaire reste crucial à l'heure des intelligences artificielles », insiste-t-il. L'écrivain précise : « Si l'on se contente de prompts pauvres, la restitution sera moins qualitative. Savoir écrire, choisir le mot juste, permet aussi de mieux piloter ces outils ».
Son conseil pour reprendre goût à l'écriture : s'entraîner tous les jours, ne serait-ce que trois minutes. « C'est un moyen de se reconnecter aussi au manuscrit et à la langue. La dictée en est un entraînement concret », conclut le spécialiste.
Une tournée nationale jusqu'en décembre
Chaque participant est reparti avec un carnet à l'effigie de la dictée, utilisé pour l'occasion. En dehors de Monaco, la tournée « Dictée en Gare » se poursuivra cette année jusqu'en décembre dans huit autres villes françaises : Dijon, Saint-Quentin, Dieppe, Pau, Lyon Part-Dieu, Nancy, Tours et Lorient.
Cette initiative originale transforme ainsi temporairement les gares en lieux de culture et de partage littéraire, rappelant l'importance de l'écriture manuscrite dans notre société numérique.



