Un premier roman lumineux sur la fragilité humaine
Il existe des livres qui s'immiscent discrètement dans votre vie avant de vous étreindre le cœur avec une intensité inattendue. « Ce qu'il nous reste à aimer », premier roman de Camille Dupuis publié aux Éditions Robert Laffont, appartient à cette catégorie. Cette histoire, où la lumière perce l'ombre, s'ancre profondément à Nice et dans sa région, illuminant le sens de l'existence lorsque tout semble vaciller.
Roxane, une femme en apparence comblée
À travers 214 pages, l'autrice marseillaise de 41 ans donne vie à Roxane, un personnage qui semble avoir tout pour être heureuse : un mari aimant, des enfants déjà grands, des amitiés solides et un appartement ensoleillé dans le quartier niçois de Cimiez. Pourtant, la vie introduit parfois un grain de sable dans la mécanique la mieux huilée. Un secret vient fissurer cet équilibre apparent, mais Roxane choisit de résister, de tenir bon, de protéger ce qu'il lui reste à aimer.
La plume sensible d'une infirmière libérale
Ce qui frappe immédiatement, c'est le contraste saisissant entre la gravité du sujet abordé et la douceur, la lumière qui émanent de chaque page. Une lumière très concrète, celle de Nice, dont Camille Dupuis restitue les nuances avec une justesse remarquable. « J'ai rencontré cette ville il y a une dizaine d'années. Je m'attendais à une ville froide, un peu rigide. Et j'ai eu un coup de cœur pour son côté ultra-lumineux », confie-t-elle.
Pour écrire, l'autrice est revenue sur place à deux reprises, arpentant la cité des anges comme on suit les traces de ses personnages. Le récit s'étire également vers Vence et Saint-Paul-de-Vence, évoquant une Côte d'Azur artistique, imprégnée de peinture et peuplée d'artistes. « Je voulais donner à Roxane une âme artistique. Le lien avec la peinture s'est imposé naturellement », explique Camille Dupuis.
Une écriture nourrie par l'expérience humaine
Infirmière libérale à Marseille depuis près de vingt ans, Camille Dupuis connaît intimement les failles humaines. Elle accompagne quotidiennement des patients, côtoie la maladie, la fragilité, et l'urgence d'aimer. « La vie n'est pas toujours facile. Mais l'amour qu'on reçoit, les moments de joie, de partage, permettent d'éclairer même les périodes les plus sombres », souligne-t-elle. De cette expérience profonde naît un roman intensément incarné, déjà en lice pour le prix Maison de la Presse 2026.
Un manuscrit envoyé par la Poste
Le parcours de ce premier roman possède lui-même une dimension romanesque. Camille Dupuis l'a écrit « par défi personnel », expliquant que l'écriture a toujours été une passion depuis son enfance. Conçu sur le temps libre de cette soignante et mère de deux enfants, sans ambition éditoriale initiale, le manuscrit a été envoyé à six maisons d'édition. Imprimé et glissé dans une enveloppe, presque en décalage avec l'ère numérique, il a trouvé le bon destinataire au bon moment. « Je ne connaissais personne dans l'édition. Et je crois que Robert Laffont venait de rouvrir son service des manuscrits. C'est une aventure inattendue », raconte l'autrice.
Se recentrer sur l'essentiel
Dans « Ce qu'il nous reste à aimer », il est également question de se recentrer sur son identité. « Quand tout est remis en question, certaines personnes ont besoin de revenir à l'essentiel : qui on est, ce qui nous fait tenir », précise Camille Dupuis, qui travaille déjà à l'écriture d'un deuxième roman. Elle sera présente à la Fête du livre d'Hyères les 30 et 31 mai prochains.
« Ce qu'il nous reste à aimer » de Camille Dupuis, Éditions Robert Laffont, 214 pages, 19 euros. L'autrice sera présente à la Fête du livre d'Hyères les 30 et 31 mai au Forum du Casino.



