Une consécration rapide pour le chef Denis Martin et son restaurant La Belle Vie
À Saint-Hilaire-d'Ozilhan, petit village situé entre Uzès et le Pont du Gard, l'émotion est palpable dans les cuisines du restaurant La Belle Vie. Denis Martin, le chef propriétaire, vient de décrocher une première étoile Michelin seulement six mois après l'ouverture de son établissement. Une récompense qui dépasse largement le simple cadre professionnel pour ce Gardois passionné.
"C'était un objectif de vie avec ma femme et mes enfants", confie Denis Martin, encore sous le choc de cette annonce faite le 16 mars. "Être étoilé aussi rapidement, c'est fort... difficile à exprimer. Il y a de la joie, du bonheur, mais aussi une pression supplémentaire qu'il faut apprendre à gérer."
Une cuisine ancrée dans son terroir
Dans les cuisines de La Belle Vie, l'effervescence est à son comble dès 11 heures du matin. Les gestes s'enchaînent avec une précision millimétrée : herbes ciselées, sauces montées, salle qui se prépare à accueillir les premiers clients. Marianne Caliciuri, la sous-cheffe, s'affaire autour d'un sabayon tout en témoignant de l'intensité du travail : "C'est gratifiant. On a travaillé dur pour ça."
Denis Martin, formé à l'école hôtelière d'Avignon, a patiemment construit son parcours :
- Trophée Auguste Escoffier
- Débuts à l'Hôtel de l'Europe
- Sous-chef à seulement 21 ans
- Expériences au Prieuré Baumanière et chez Glenn Viel
- Passage au Canada chez Daniel Boulud
- Participation à l'obtention d'une étoile au restaurant The Marcel à Sète en 2019
À La Belle Vie, les produits dictent le tempo de la cuisine. Asperges de Saint-Hilaire, morilles de Vers-Pont-du-Gard : le terroir gardois est roi. "On travaille exclusivement des produits de saison, au maximum locaux. Le menu change tous les mois", explique le chef. Le midi, une formule accessible à 49 euros permet de découvrir cette cuisine, tandis que le soir, des menus plus élaborés proposent jusqu'à un parcours en sept temps.
Un projet familial porté avec exigence
Denis Martin a repris cet établissement en juin 2025 avec une vision claire : créer un lieu à son image, mêlant gastronomie et art de vivre. À ses côtés, Joana Valiseau, sa compagne et pilier du projet, formée elle aussi à Avignon et passée par de belles maisons ainsi que par le Canada. Elle orchestre aujourd'hui l'hôtellerie et l'accueil avec la même exigence.
"L'idée, c'est d'offrir une expérience complète", résume Denis Martin. "Dans cette maison de campagne, tout est pensé pour accueillir les clients, anciens comme nouveaux. Certains étaient là avant l'étoile. Ils ont une place spéciale."
La cuisine de La Belle Vie se veut également ouverte et adaptable : "On s'adapte aux régimes végétariens ou végétaux. Je ne refuserai jamais quelqu'un. C'est le cœur du métier", assure le chef.
Une reconnaissance qui confirme le dynamisme gastronomique du Gard
Avec cette première étoile Michelin, Denis Martin inscrit désormais La Belle Vie parmi les tables qui comptent dans la région. Cette reconnaissance rapide témoigne non seulement du talent du chef et de son équipe, mais aussi du dynamisme gastronomique du département du Gard.
Le restaurant continue de fonctionner avec la même équipe et les mêmes méthodes de travail, même si l'affluence a considérablement augmenté depuis l'annonce. "On reste la même équipe, on travaille de la même manière. Mais il y a plus de monde, plus d'intensité", constate Denis Martin, qui passe désormais d'un poste à l'autre avec une énergie renouvelée.
Cette étoile Michelin représente bien plus qu'une simple récompense pour le chef gardois et sa famille. C'est la concrétisation d'un rêve, d'un projet de vie mené avec passion et détermination, et qui promet de faire rayonner encore davantage la gastronomie du Gard sur la scène nationale.



