Élisa et Maxime Perez ouvrent leur propre tiellerie, Tiéla Perez, rue Alsace-Lorraine à Sète, avec une particularité : la restauration sur place, un choix rare dans ce secteur. Le couple, formé chez Paradiso, mise sur son expérience et une touche moderne pour se démarquer, tout en conservant un profond respect pour les traditions locales.
Une ouverture imminente et une touche personnelle
Jeudi 20 août, à moins de 24 heures de l'ouverture, Maxime, 30 ans, confie son enthousiasme : « On est surexcités, je languis de pouvoir travailler ». Dans le local, quelques cartons restent à déballer, mais l'odeur de la tielle est déjà bien présente. L'établissement se distingue par un mobilier peu commun pour une tiellerie : des chaises et des tables. Alors que la majorité des tiellistes privilégient la vente à emporter, le couple Perez a opté pour la restauration sur place.
Élisa, 29 ans, explique ce choix : « Ça, c'est ma touche ! J'ai fait dix ans en restauration. Le local est grand, donc pourquoi pas ? ». Avec des formules inspirées des snacks, Maxime précise leur ambition : « On veut moderniser la vente de tielles ».
Un savoir-faire hérité de Paradiso et d'Alain Cianni
Tournés vers l'avenir, Maxime et Élisa n'oublient pas leurs origines. Lui est né à Sète, elle est arrivée de Bordeaux il y a une dizaine d'années. Tous deux ont fait leurs armes chez Paradiso, la tiellerie située sur le quai de la Résistance. Élisa y a travaillé pendant un an et demi, Maxime pendant neuf ans. « J'ai fait des tielles quasiment toute ma vie, je ne me vois pas faire autre chose », déclare Maxime.
Maxime a commencé juste après avoir arrêté les études, devenant l'apprenti d'Alain Cianni, « l'un des plus vieux fabricants de la ville ». Il témoigne : « Il m'a tout appris. J'ai un profond respect pour lui, je le considère comme un membre de la famille ». Un tatouage à l'effigie du célèbre tielliste, sur la cheville, en est la preuve.
Malgré cette expérience, ils promettent une tielle différente de leur ancienne maison. Maxime compare : « Quand tu fais une macaronade, tu as beau suivre une recette, à la fin, ton plat est unique, parce que tu y as mis ta main. On va faire les tielles à notre manière ».
Une intégration sereine parmi les confrères
Les Perez ne s'inquiètent pas de la concurrence. Au milieu des derniers préparatifs, un confrère tielliste passe une tête dans la nouvelle boutique : « Elle est très belle, vous avez bien travaillé. Vous ouvrez demain c'est cela ? On passera vous voir ». Maxime souligne : « Il n'y a pas de concurrence, nous sommes des confrères ».
Les travaux, commencés en décembre 2025, se sont terminés juste à temps pour ouvrir pendant la fête de Sète. « On a raté pas mal de saisons, on ne pouvait pas rater la Saint-Louis », estime Élisa, ajoutant : « On se met dans le bain direct ! ».



